la lettre M

Languedoc-Roussillon
| 3/11/2020

Reconfinement : montée des inquiétudes

Le couperet est tombé : la France est reconfinée jusqu’au 1er décembre au moins. Un reconfinement plus souple que le précédent puisque les écoles, collèges et lycées resteront ouverts, tout comme les guichets et services publics. « Les usines, les exploitations agricoles, le BTP continueront de fonctionner », assure le premier Ministre. En revanche, point de salut pour les commerçants, bars et restaurants ne figurant pas sur la liste des établissements dits essentiels. Ce reconfinement marque aussi le retour du télétravail. L’État poursuit son soutien à l’économie qui sera « même plus important qu’en mars pour nos petites entreprises fermées administrativement avec la prise en charge jusqu’à 10 000 € par mois de leurs pertes en chiffres d’affaires, précise le chef de l'État. « Le PGE pourra n'être remboursé qu'à partir du 30 juin 2022 si nécessaire », indique Bruno Le Maire, ministre de l'Économie. Quant à la problématique des loyers restant à payer, il précise : « Nous introduirons dans le projet de loi de finances 2021 un crédit d’impôt pour inciter les bailleurs à annuler une partie de leurs loyers ». Une mesure qui bénéficiera aux entreprises de moins de 250 salariés fermées administrativement ou appartenant au secteur de l’hôtellerie-restauration.

Réactions
En dépit de ces aides, les acteurs économiques ne cachent pas leur inquiétude, voire leur perplexité. « Un scandale », « une décision prise par des Parisiens et pour les Parisiens ». Jacques Mestre, président de l’Union des métiers et des industries de l'hôtellerie pour la partie ex-L-R, ne mâche pas ses mots. S’il ne remet pas en question la nécessité de ces mesures, Éric Giraudier, président de la CCI30, rappelle toutefois que « ce n’est pas dans les commerces de centre-ville et les restaurants que le virus se transmet mais dans la sphère privée et les transports en commun. » Pour 2021 et 2022, André Deljarry, président de la CCI34, redoute, comme bon nombre de représentants économiques, « un tsunami de dépôts de bilan ». De leur côté, les professionnels du BTP et de l’immobilier respirent : les chantiers vont se poursuivre et les magasins de matériaux et d’outillage restent ouverts. Laurent Villaret, président de la FPI Occitanie Méditerranée, s’inquiétait d’un éventuel ralentissement dans l'instruction des permis de construire. Bruno Le Maire assure que les délais « ne seront pas prolongés », les administrations « ayant vocation à continuer leur activité ».

Face à cette incertitude, certains demandent un assouplissement, voire un élargissement des aides. « La CPME 30 souhaite une consolidation des prêts afin de permettre aux entreprises de les rembourser sur plusieurs années, une compensation des pertes d’exploitation par l’État et une plus grande souplesse des critères du plan de relance », détaille Xavier Perret, président. « C’est aux charges fixes qu’il faut s’attaquer : loyers, crédits…, estime Samuel Hervé, président du Medef Hérault Montpellier. Reste à savoir si l’ensemble des ces dispositifs permettront de réduire la casse tant redoutée…

La rédaction
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