la lettre M

Région Occitanie
| 12/04/2018

Projets LGV : quel lobbying ailleurs ?

Communiqués de presse cosignés au-delà des divergences politiques, et diffusés de façon très réactive, rendez-vous ministériels menés en délégation, défilé mis en scène derrière une même banderole, réunions publiques avec les forces vives du territoire, campagnes de communication (« LGV Occitanie, oui sur toutes les lignes »)… : le lobbying mené par les élus d’Occitanie en faveur de la LGV Bordeaux-Toulouse prend une forme presque œcuménique. Le rapport Duron, remis le 1er février à la ministre des Transports Élisabeth Borne, préconise la réalisation « la plus rapide possible » de la ligne. La LGV Montpellier-Perpignan, éligible à des financements européens, pourrait voir aboutir un tronçon Montpellier-Béziers à terme. Et ailleurs, comment sont défendus les projets de LGV ? « À chaque LGV son modèle de lobbying ». C’est ce que constate Jean-Michel Mandin, président de l’agence de communication toulousaine Giesbert & Mandin et créateur d'un institut de sondages pour les collectivités en Auvergne-Rhône-Alpes. Il compare les stratégies d’influences mises en œuvre dans les dossiers LGV Bordeaux-Toulouse et Ligne transalpine Lyon-Turin. « Bordeaux-Toulouse est porté à la fois par les collectivités et le monde économique, qui discutent avec l’État, tandis que sur le projet Lyon-Turin, ce sont deux États qui se font face, dans un rapport de force diplomatique, à l’échelle européenne. » À Lyon, le lobbying est donc de nature différente, car « l’État français n’est pas à convaincre ».
Pour le projet Bordeaux-Dax-Hendaye, les élus ont bien signé en février, aux côtés du monde économique, la « Motion des Landes ». Le projet semble cependant quasi enterré, et compte des opposants vigoureux au pays basque. « Les projets de lignes nouvelles sont souvent mal défendues. Les acteurs ne voient que par le spectre de Paris et non de l’Europe, pourtant potentiel financeur », indique Michel Caniaux, président de l’association Altro (Association Logistique TRansport Ouest).
Marseille : priorité à la mobilité métropolitaine. En région Paca, le projet de LGV n'est « plus vraiment porté depuis deux ans par les élus. Pas un ne prend position, alors que la loi Mobilités est en préparation », analyse Paul Moga, correspondant des Échos à Marseille. Son décryptage : les élus se concentrent sur les mobilités métropolitaines. « Se battre sur le terrain de la LGV serait, ici, une erreur politique. Le point noir en termes d'attractivité et de développement économique, c'est l'absence de liaison entre Marignane, Aix-en-Provence et Marseille. » Un sujet dégage l'unanimité : l'extension de la gare de Marseille, chiffrée à 2 Md€, pour développer le trafic TER notamment. « C'est là-dessus que les élus se retrouvent pour réclamer des fonds au gouvernement. »

A.Léoty, V.Coll, H.Vialatte
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