Plan Littoral 21 - Xavier Bringer, FPI LR : « Il faut des décisions strictes venant d’en haut »
En matière d’immobilier touristique sur le littoral, quel constat dressez-vous ?
Les logements littoraux ne sont plus du tout adaptés à la demande, que ce soit celle des baby-boomers qui veulent y vivre six mois à l’année, ou celle des touristes, venant désormais davantage une semaine plutôt que trois, et ne voulant plus s’entasser à cinq dans un appartement 1 pièce. Il y a même plus de confort dans des bungalows de camping que dans des vieilles résidences ! Certaines copropriétés agissent en quasi-marchands de sommeil, réalisant très peu de travaux.
Qu’attendez-vous de cette mission Littoral 21 ?
L’outil que l’État compte mettre en place devra avoir le même poids que la mission Racine dans les années 60. Il ne faut surtout pas verser dans le saupoudrage de crédits. On n’aura pas les moyens de renouveler tout le littoral. Pour pouvoir attirer des investissements extérieurs, il faut viser deux ou trois stations : Port-Camargue/Grande-Motte, Cap d’Agde et Port-Barcarès. Ces stations s’en sortent encore, mais avec la dégradation en cours, le peu de moyens, à la fois financiers et juridiques, dont disposent les municipalités, et la concurrence de l’Espagne, il y a urgence.
Les moyens juridiques de cette mission État-Région devront être puissants. Pour réhabiliter ou raser certains bâtiments, la puissance publique devra exproprier des copropriétés entières.
On sent une pointe de scepticisme…
Tout est très compliqué sur la côte. On a l’impression d’entrer dans un autre monde, entre loi littoral, risque submersion marine, modalités d’attributions de concessions de plages... Au sein même de la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer) de l’Hérault, les cadres ont des positions opposées. Sur les zones concernées par la submersion marine, ou la transformation de rez-de-chaussée en commerces, il faudra trancher une bonne fois pour toutes. Ma propre société (M&A Promotion, NDLR), pourtant basée à Montpellier, a décidé de ne pas porter de projets en bord de mer. Nous ne sommes pas les seuls. C’est problématique, car la demande est là et une montée en gamme s’impose. Le principal obstacle vient des habitants eux-mêmes. Les résidents à l’année de ces stations sont en majorité des personnes âgées, conservatrices, et qui se mobilisent pour contrer le moindre projet. Seules des décisions strictes venant d’en haut, et relayées par un directeur opérationnel comme le fut Jean Balladur sur la mission Racine, pourront relancer le littoral.
Propos recueillis le 7/9 à Montpellier










