Patrick Poirrier (Cémoi) détaille son plan pour la World Cocoa Foundation
Patrick Poirrier, 46 ans, PDG du chocolatier (Cémoi) et président du syndicat français du chocolat, basé à Perpignan, détaille son plan au sein du conseil d’administration de la World Cocoa Foundation (WCF, Fondation mondiale du chocolat), qu’il vient d’intégrer. L’un des enjeux forts est la durabilité du secteur du cacao. Patrick Poirrier dépeint en effet une filière précieuse et fragile. « Avec la fluctuation du prix des matières premières, nous sommes inquiets. Si l’on regarde les zones de production, le cacao se trouve concurrencé par des cultures vivrières, au vu des besoins nés de la croissance démographique, et par d’autres cultures d’exportation (hévéa, palme ou crevettes en Équateur). Y aura-t-il toujours des planteurs de cacao à l’avenir ? », alerte-t-il. Si la demande mondiale croît de 2 % par an, les zones de production, elles, se limitent à une bande située autour de l’équateur. L’une des priorités consiste à la protection des forêts. « La WCF encourage la plantation d’arbres au milieu des plantations de cacao. Les arbres protègent les cacaoyers des insectes, et apportent un revenu supplémentaire aux planteurs, via la vente de bois. » Patrick Poirrier souhaite aussi, via la WCF, une professionnalisation accrue des planteurs : adaptation aux nouvelles technologies - paiement via les téléphones mobiles par exemple -, intégration des rendements à l’hectare...
Autre actualité : Cémoi va créer cette année une fondation, dotée d’un budget d’environ 6 M€, pour attirer des acteurs publics dans l’aide aux planteurs et séparer ces actions de la partie commerciale. « Quand on vend du cacao certifié, une partie des primes qualité est reversée aux planteurs. Ces mouvements pourraient passer par la fondation, qui fédèrerait le travail d’autres associations », décrypte Patrick Cémoi. La distribution d’intrants auprès des planteurs, qui nécessite de passer par des ONG, devrait être facilitée par la fondation. Autre axe identifié, un travail avec la recherche agronomique pour lutter contre certaines maladies qui affectent les cacaoyers, telles que le swollen shoot en Afrique de l’Ouest. Cémoi réalise 50 % de ses ventes en BtoB (produits premium pour les chefs, forages, poudre de cacao…) et 50 % en produits consommateur, en marque Cémoi ou de distributeur. Cémoi, qui revendique 3 % de production mondiale, investit chaque année 20 M€ dans la modernisation de ses équipements et prévoit 80 recrutements cette année. Cémoi emploie 3 400 collaborateurs (2 350 en France) répartis dans 15 unités de production, pour un chiffre d’affaires de 820 M€ - la moitié en France. Et compte un nouveau directeur général depuis six mois : Patrick Collin (ex-Mars, groupe Aoste puis Campofrio).
