Partenariat Bedycasa / Comptoir des Voyages : la start-up héraultaise à l'assaut d'un nouveau marché
. Spécialiste des chambres à louer chez l'habitant sur le Net, le montpelliérain Bedycasa élargit sa clientèle.
. La start-up se pose en "concurrence français d'Airbnb", en marquant sa différence.
Une start-up dont le nom même évoque le voyage : Bedycasa, spécialisée dans la location en ligne de chambres chez l'habitant, appartements et chambres d'hôtes, signifie, "lit et maison", en anglais et espagnol mêlés. Créée en 2007, la société montpelliéraine, qui compte 10 salariés, officialise, ce mercredi à Paris, un partenariat avec la filiale Comptoir des Voyages (Paris, 105 salariés, 45 millions d'euros de ventes) du Groupe Voyageurs du monde. Bedycasa signe un accord d’exclusivité sur cinq ans, « selon lequel nous sourcerons des hébergements chez l’habitant sur plus d’une cinquantaine de destinations proposées par Comptoir des Voyages à leurs clients », explique Magali Boisseau, créatrice et PDG de Bedycasa. En 2016, le partenariat porte sur six pays - Espagne, Italie, Japon, Etats-Unis, Canada et Grèce. Ce partenariat ouvre à Bedycasa un nouveau gisement de voyageurs. De son côté, Comptoir des Voyages (27 000 clients par an), spécialiste des voyages en immersion, trouve avec Bedycasa « une expertise pour des solutions d'hébergement dans les grandes villes, où nos clients séjournent au moins deux nuits. Jusqu'à présent, nous ne leur proposons que des hôtels, explique Alain Capestan, PDG. Bedycasa trouve des contacts sur place, valide la qualité des hébergements et de l'accueil, avec un système d'ambassadeurs éprouvé. Et nous avons la même approche du voyage, basée sur le sur mesure et l'authenticité. »
Le partenariat vient aussi d'un coup de coeur de Comptoir des Voyages pour le concept de Bedycasa - économie collaborative, échanges culturels, voyages basées sur la découverte de l'autre. « Magali Boisseau (par ailleurs présidente d'Union Web, groupement d'entraide de 1 000 acteurs du web français) fait preuve d'un grand courage, dans un univers ultra concurrentiel, face à des concurrents qui ont levé des sommes colossales, remarque Alain Capestan. Je regrette qu'elle n'ait pas levé de tels fonds, car son projet a une dimension humaine supérieure à ce qu'on peut trouver ailleurs. »
En créant ce tandem 100 % français, Bedycasa se pose ouvertement en « concurrence français d’Airbnb ». Toutes proportions gardées : si Bedycasa est née un an avant le géant américain, ce dernier affiche plus d'un million d'annonces dans 190 pays, pour 54 000 côté Bedycasa. L'Héraultais met en avant « une expérience humaine du voyage, explique Magali Boisseau. 80 % de nos hébergeurs restent sur place pour accueillir les voyageurs et échanger avec eux. Les annonces sont modérées en amont par nos équipes. Seulement 40 % des annonces sont acceptées. Enfin, nos hébergeurs gagnent en moyenne entre 500 et 5 000 euros par an, au lieu de 30 000 dollars par an pour les hébergeurs de Airbnb, qui ont une logique plus immobilière. »
Le loueur français en ligne revendique 190 000 nuitées en 2015 dans 8 400 villes en 2015, 350 000 membres et emploie 10 salariés (chiffre d'affaires non communiqué). Parmi les destinations qui explosent : Cuba, « car Airbnb ne peut proposer cette destination aux Français ».
La start-up a cependant levé 2,8 millions d'euros depuis sa création et prépare une nouvelle levée de fonds pour le 2e semestre, auprès de la plateforme MyNewstartup. Objectif : lancer la filiale BedyLingua, spécialisée dans les séjours linguistiques chez l'habitant. Autre actualité, l'ouverture d'un bureau à Paris, courant 2016. « Le fait de ne pas être physiquement présents à Paris nous a fait rater certaines opportunités », constate la trentenaire. Rentable depuis fin 2015, la start-up prélève 12,5 % HT sur chaque transaction après de l'hébergeur, et trois euros fixes auprès du voyageur, quel que soit le nombre de nuitées. Bedycasa est enfin en négociations avec Voyages SNCF pour un éventuel nouveau partenariat.










