la lettre M

Languedoc-Roussillon
|
Agri - Agro / Conjoncture
| 15/12/2020

Opportunités d'échanges avec le continent africain

Annoncé dernièrement par le président de la République, le prochain sommet Afrique-France aura lieu en juillet 2021 à Montpellier. « Cela va donner une belle visibilité à la recherche montpelliéraine », s’enthousiasme Elisabeth Claverie de Saint Martin, directrice générale déléguée à la recherche et la stratégie du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), dont le site de Montpellier regroupe 1 200 des 1 600 salariés. « Sur les 200 expatriés que nous comptons, presque 60 % d’entre eux sont en Afrique », explique-t-elle. Le Cirad intervient dans 31 des 54 pays du continent africain. « Ce sommet sera l’occasion de mettre en lumière les projets en Afrique francophone bien sûr, mais aussi anglophone et lusophone où le Cirad mène d’importants travaux. Cela permettra de présenter une image de la France travaillant dans ces pays en pleine émergence économique », assure-t-elle.

Des échanges à renforcer
« Des nouveaux liens commerciaux peuvent se tisser entre la France et l'Afrique car nous ne produisons pas la même chose, poursuit Elisabeth Claverie de Saint Martin. Pour répondre par exemple à notre enjeu de transition alimentaire et nos besoins en protéines végétales. » Si l’on se réfère uniquement aux chiffres, l’Occitanie n’est pas à ce jour la région française la plus importatrice, ni la plus exportatrice, de biens avec l’Afrique. Selon la direction générale des douanes, en 2019, la valeur des biens exportés par l'Occitanie, vers l'Afrique, représentait 2,1 Md€, soit moins de 10 % du total exporté par la France vers ce continent. Pour soutenir les entreprises régionales, plusieurs acteurs institutionnels sont implantés sur le continent africain, tels que la Région Occitanie au travers de la Maison de la Région au Maroc et le réseau d'entreprises LeadeR à travers LeadeR Maroc, créé en 2019.

Parmi les échanges économiques existant, certains sont de longue date. À l’instar du chocolatier Cémoi (750 M€ de CA, 3 000 salariés, Perpignan) qui s'approvisionne depuis quarante ans en fèves de cacao auprès de la Côte d'Ivoire. Son usine sur place y emploie 1 000 collaborateurs. « La population africaine va doubler à horizon 2050, ajoute Gérald Petit, directeur interrégional Nouvelle Aquitaine - Occitanie chez Business France. Le sujet alimentaire y est capital et essentiel car créateur d’emploi. » Aline Bsaibes, DG d'ITK (120 salariés, 34), éditeur d’outils d’aide à la décision agronomique et présent sur le continent africain, en atteste : « La marge de progression de la production agricole en Afrique est démentielle. En comparant les surfaces cultivées à la quantité de production, on constate des valeurs très faibles comparées à l’Europe et aux États-Unis. Nos outils vont permettre de doubler la production. » Le groupe d’ingénierie de l’eau nîmois BRL est aussi présent, avec trois filiales (10 à 12 M€ de CA par an). L'enjeu? Relever les défis du dérèglement climatique et de la croissance démographique qui ont fait de l'eau de l'or...bleu.

Stéphanie Roy, avec Nelly barbé
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie