Occitanie Invest : le capital risque en léger tassement
Entrepreneurs et investisseurs débattent sur les opportunités liées au capital-risque dans un contexte inflationniste, lors du lancement de l’appel à projet Occitanie Invest le 22 septembre. « La date butoir pour la 18e édition de cette convention d’affaires est fixée au 5 janvier. L’an passé, les huit lauréats ont levé un total de 46 M€ », annonce Christelle Mathieu, directrice opérationnelle au sein de l’agence Ad’Occ. Investisseur participant à la prochaine convention, Valère Rames, du fonds européen Hi Inov note un léger tassement dans le financement du capital risque. « Selon un pointage de juin, 8,5 Md€ ont été investis sur le marché français en 2022. La hausse était de 63 % par rapport à 2021, elle est de 23 % à ce jour. »
Projection complexe
Face au contexte actuel, l’investisseur, dont le fonds a réalisé 4 à 5 levées supérieures à 100 M€ en douze mois, confesse « qu’il est très compliqué de se projeter. Il y a de l’argent et les fonds disposent de capacités d’investissement. La conjoncture économique reste néanmoins difficile avec de l’inflation et une potentielle récession. » De son côté Frédéric Bourelly, dirigeant de la proptech montpelliéraine Mon chasseur immo, précise « que les crises sont génératrices d’opportunités pour les modèles les plus résilients. » L’entrepreneur a bouclé en mai une quatrième levée en 10 ans d’existence pour un montant de 10 M€. Malgré les crises successives, ce dernier a toujours pu boucler ses opérations dans un délai « allant de six à neuf mois. » Valere Rames pointe pour sa part que le contexte actuel fait émerger un attrait pour des « entreprises à dominante BtoB dont le développement est décorrélé d’une industrie particulière. Ce sont des modèles résilients qui amènent plus de confiance des investisseurs. »
Des capitaux disponibles
Le vice-président de la Région Occitanie délégué à l’économie, Jalil Benabdillah, alerte sur les futures potentielles difficultés des petites entreprises à la capitalisation. « On va avoir une contradiction forte, avec d’un côté de l’argent disponible et de l’autre des petites et moyennes entreprises qui ne pourront pas procéder à une augmentation de capital. Ce pourquoi un effort est nécessaire pour les aider à se constituer des fonds propres. » L’élu rappelle la future création du fonds de transition énergétique Occte. Porté par l’Agence régionale énergie climat et homologué par l’Autorité des marchés financiers, il comportera une part d’investissement en haut de bilan et devrait s’élever à 100 M€. « On ne peut pas pousser des secteurs stratégiques si on n’injecte pas d’argent là où il y a des risques. Ces nouveaux défis nous dépassent, il va falloir changer certains paradigmes. La finance ne pourra pas y déroger », précise-t-il.
L’amorçage se maintient
Sur la phase d’amorçage, Valère Rames indique que les « les volumes restent constants ou continuent d’augmenter, même si les cycles de décision prennent plus de temps. » Un constat confirmé par Jean-Michel Giraud, directeur du développement économique de la Métropole de Montpellier. L’administrateur du Business Innovation Center indique que « 116 M€ ont été levés par les entreprises provenant du Bic l’an passé. » Autre entreprise appelée à témoigner, la deeptech toulousaine Smartcatch qui développe une innovation dans le domaine de la biopsie liquide et de l’oncologie. L’entreprise a effectué sa première levée de 3 M€ en 2021, en pleine pandémie. Elle pointe une évolution sur l’apport de fonds publics. « Aujourd’hui les subventions européennes ou nationales sont de plus en plus mixtes et systématiquement adossées à une augmentation de capital. Ce n’était pas le cas avant. »










