Narbonne/Energies Nouvelles - La biomasse expérimentée sur le site de la Comurhex
C’est sur le site de l’usine de la Comurhex, que le directeur d’établissement Jean-Marc Ligney et Guy Giva, président de la chambre d’agriculture de l’Aude ont signé, mardi 3 mars, la première convention visant à expérimenter la biomasse. La cheville ouvrière de ce projet, également signataire de la convention, est l’exploitant agricole Rémy Ibanes (Domaine Montlaurès). Ce projet expérimental représente un investissement de près de 70 000 €.Trois ha de terrains dédiés à l’expérimentationRémy Ibanes va cultiver, sur 3 ha de terrains appartenant à la Comurhex, plusieurs types de plantes à biomasse adaptées aux conditions climatologiques méditerranéennes (saule, eucalyptus, peuplier, acacias, fétuque, vigne hybride, sorgho…). Les plantations ont débuté et seront terminées à la fin du mois de mars. « Ces différentes espèces, dites à courte ou très courte rotation, seront étudiées durant sept ans. Celles-ci produisent de la cellulose qui a différents usages : combustible, cogénération, ou biocarburant de 2e génération » explique Christophe Bonnemort, technicien de la chambre d’agriculture.Un projet pilote et partenarial « Il s’agit d’un projet pilote en matière de production de chaleur, qui s’appuie sur les énergies renouvelables et le Grenelle. Il peut nous aider à pallier la révolution agricole et viticole actuelle, souligne Guy Giva. C’est un signe d’espoir pour la diversification agricole sur le Narbonnais ». De son côté, Jean-Marc Ligney affirme que la Comurhex est favorable à ce partenariat, car il participe au développement durable du territoire. « Par ailleurs, nous sommes doublement réceptifs, car ce projet s’inscrit aussi dans une logique de partenariat. Nous permettons une expérimentation au niveau local via les nouvelles essences pour la biomasse et nous nous orientons vers la biomasse de 2e génération » souligne le directeur d’établissement. Créer les conditions d’une nouvelle filière agricole « L’étude des espèces va porter sur sept ans. C’est le temps nécessaire pour étudier leur développement mais surtout de créer les conditions d’une filière économique rentable visant la diversification agricole », précise Christophe Bonnemort. « Ces cultures dédiées ont pour objectif de sécuriser l’approvisionnement en complément de la filière bois, qui peut à certains moments connaître des tensions ». Il ajoute que « les coûts d’exploitation seront évalués en sachant que le prix du marché atteint 20€/m3 ».« À terme, si les études sont révélatrices, il sera nécessaire de contractualiser avec des organes économiques agricoles pour répondre aux besoins de la filière. Les emplois agricoles seront pérennisés et d’autres pourraient être créés » conclut Rémy Ibanes, qui envisage de créer d’ici deux ans, une société, « Ella Energies » qui sera dédiée à cette filière.V.C.










