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Biotechs - Santé
| 26/02/2021

MyCharlotte veut devenir le chef d'orchestre de l'accompagnement des patients atteints d'un cancer

Psychologie, sophrologie, hypnothérapie, pilate... Lancée en 2019, la société My Charlotte (cinq salariés, Montpellier), spécialisée dans l’accompagnement des patients atteints d’un cancer, pendant et après les traitements, veut simplifier leur parcours de ces soins dits de support : certes périphériques mais primordiales pour garder confiance en soi et amorcer le rebond... « Aujourd'hui, certains soins, comme le suivi psychologique et la kinésithérapie, peuvent être remboursés par l'assurance-maladie. À condition qu'ils soient réalisés dans des centres de soins. Il faut aller plus loin dans le remboursement car ces soins sont synonymes d'une meilleur qualité de vie », explique à La Lettre M Grégoire Nedelec, cofondateur avec sa conjointe Charlotte Mahr, qui a eu l'idée d'entreprendre à la suite d'un cancer du sein.

Première étape : mettre au point une application, gratuite pour les malades, avec des cours enregistrés de yoga et autre discipline recommandée ainsi que des vidéos de conseils prodigués par des médecins. La start-up compte 3 500 inscrits, principalement des femmes atteintes d'un cancer du sein. Deuxième, plus compliquée : « Convaincre les autorités, en s'appuyant sur un essai clinique, que la prise en charge globale du patient - à l'hôpital, en ville et à distance - est nécessaire pour sa qualité de vie mais aussi la réduction des coûts du système de santé. Un patient mal pris en charge, c'est plus d’arrêts maladie, une augmentation de la consommation de médicaments, le développement de pathologies... » illustre-t-il.

L'industrie pharmaceutique mobilisée

Pour cela, la jeune entreprise tente de fédérer plusieurs acteurs de la santé. Outre le développement d'un réseau de professionnels établis en ville - sophrologue, psychologue, socio-esthéticienne... - pour désengorger l'hôpital, le prestataire peut déjà compter sur les poids lourds de l'industrie pharmaceutique : AstraZeneca, Pfizer, Servier... « Leur démarche est purement business : ils souhaitent développer un écosystème avec des acteurs comme nous capables de travailler sur les symptômes de leurs médicaments », commente-t-il. Leur rôle : financer la phase de démarrage, lancée en juin dernier, avec 400 malades, envoyés par des établissements partenaires dont la clinique montpelliéraine Clémentville.

« Un premier entretien à distance permet de fixer des objectifs, comme le nombre de séances par semaine, et d'identifier les besoins : une prise de poids par exemple », détaille l'entrepreneur. L'innovation réside dans la structuration du parcours : « L’oncologue envoie les informations du patient à nos patients partenaires, des anciens malades formés à l’université, sur l'écoute, le partage d’expériences... Ces derniers choisissent, avec le patient, un programme sur plusieurs mois. Une activité physique dite adaptée, c'est-à-dire avec des intensités d’efforts moins fortes, a prouvé son efficacité sur la récidive », affirme-t-il.

Les collectivités, « des financeurs potentiels »

MyCharlotte a identifié « des pays où le système de remboursement est plus rapide : Belgique, Allemagne et Royaume-Uni », révèle-t-il. Mais l'international, ce n'est pas pour toute de suite. Il faut d'abord convaincre le ministère de la Santé français. Des discussions sont sur le point de démarrer. En attendant un éventuel élargissement du remboursement des soins « d’ici à 2023 dans le meilleur des cas », espère-t-il, la start-up mise aussi sur les partenariats avec collectivités. « À Montpellier, la Métropole et la Région sont des financeurs potentiels de soins de support. Les critères pour en bénéficier seraient définis en partenariat avec l'ARS », suggère l'ex-consultant en programmes de développement économique.

Recrutement

Développeur expérimenté, spécialiste de la réglementation, chargés de projet... La société incubée à Cap Omega prévoit cinq recrutements en 2021. Elle est sur « une forte progression de chiffre d'affaires sur une base à six chiffres » et table sur « une croissance très soutenue sur les trois prochaines années », assure Grégoire Nedelec.

Cyril Peter / peter@lalettrem.net
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