Montpellier/Mécénat - Les entreprises sollicitées pour les acquisitions du Musée Fabre
La fondation d’entreprise du Musée Fabre a présenté mardi 21 avril sa première acquisition, accrochée le même jour dans les collections permanentes de l’établissement montpelliérain : un tableau de l’artiste français Martin Barré datant de 1960, d’une valeur de 68 000 €. La Société Générale, mécène important du musée, participe à hauteur de 20 000 €. Créée en 2007, la Fondation Musée Fabre est présidé par Gérard Maurice, président de Sogéa Sud, et regroupe 25 entreprises régionales. Chacune s’engage pour cinq ans à verser 10 000 € par an, fonds destinés à soutenir les actions du Musée.Un soutien que la crise économique rend crucial« En ces temps de difficultés économiques, l’appui des entreprises est crucial, a rappelé Michel Hilaire, conservateur en chef et directeur du Musée. L’acquisition de cette œuvre importante de Martin Barré enrichit la collection, elle permet d’asseoir les orientations du Musée en direction de ces artistes de la deuxième partie du XXe siècle, et de continuer à acquérir des œuvres alors que le mécénat public diminue ». Né à Nantes en 1924, Martin Barré appartient à cette génération d’après-guerre, élément essentiel de l’aventure abstraite parisienne, au côté notamment de Simon Hantaï. Cette génération juste un peu plus jeune que De Staël ou Vieira da Silva, connaît un regain d’intérêt qui n’échappe pas au musée Fabre. « C’est le moment d’acquérir ce genre de toiles, analyse Michel Hilaire. Il y a encore des opportunités, à la fois en terme financier et de disponibilité, mais il faut les saisir aujourd’hui. En accord avec la famille, qui nous permettra d’avoir quelques œuvres en dépôt et grâce à cette œuvre acquise par la fondation, nous projetons un accrochage spécifique des toiles de Martin Barré au mois d’octobre pour asseoir la renommée de cet artiste, qui doit être défendu. »400 K€ manquant pour le PoussinEnjeu d’une tout autre importance, la moitié manquante du tableau Vénus et Adonis de Nicolas Poussin, dont le rassemblement est d’ors et déjà classé Trésor national. L’Etat a confirmé hier à la direction du musée qu’il participerait à hauteur de 450 K€ à l’achat de ce tableau, pour l’heure dans une collection privée américaine. L’Agglomération de Montpellier et quelques mécènes privés ont déjà fait connaître le montant de leur participation, mais 400 K€ manquent toujours pour atteindre le prix de l’œuvre : 1,8 M€. Michel Hilaire a jusqu’à fin juin pour conclure la vente, sous peine de passer à côté de cette opportunité qualifiée d’extraordinaire, et compte là encore sur la participation généreuse des entreprises. À savoir que le financement par une entreprise de l’achat d’une œuvre reconnue « trésor national » ouvre droit à une réduction d’impôt égale à 90 % du montant du versement effectué, dans la limite de 50 % de l’impôt dû. La fondation Musée Fabre, par la voix de Gérard Maurice, a hier assuré qu’elle soutiendrait cette acquisition, s’il en était besoin, le moment venu.C. D.










