Hérault
Education - Formation
Montpellier 3 quitte le projet d'initiative d'excellence
La présidente de l’université Montpellier 3, Anne Fraïsse, annonce qu’elle quitte les négociations sur le projet d’initiative d’excellence élaboré dans le cadre du grand emprunt. Cette décision pourrait même à terme, selon la présidente, s’étendre à un renoncement au plan Campus.
« C’est une décision grave dont je mesure les conséquences pour notre université et l’avenir du site », indique-t-elle dans une lettre adressée aux membres du comité de pilotage de l'initiative d'excellence. « Malgré tous les efforts que notre équipe a déployés depuis 12 mois, je ne vois aucune alternative pour garantir la pérennité des Humanités à Montpellier ». Un courrier, envoyé par la ministre de l’enseignement supérieur à la présidente du Pres, pourrait avoir accéléré la prise de décision. Cette lettre « faisait de la fusion des trois universités la condition de tous les projets montpelliérains sur le ton de la gouvernante privant les enfants turbulents de dessert ». Or Montpellier 3 s’estime notamment victime de l’incapacité des universités 1 et 2 à s’entendre.
Une fusion impossible
Pour Anne Fraïsse, les difficultés sont apparues dès les premières étapes qui devaient conduire les trois universités à fusionner, la présidente estime « que ce processus de fusion s’est vite enrayé », évoquant tour à tour une main mise du Pres UMSF, « des conflits personnels entre la présidence de Montpellier 1 et le Pres doublés de conflits entre les anciens personnels du pôle européen intégrés dans le Pres et les responsables des universités », ainsi que des «relations entre les présidences de Montpellier 1 et Montpellier 2 et la présidence du Pres (...) exécrables. Progressivement le Pres s’est mis à fonctionner sans lien avec les universités ne les consultant même pas sur des dossiers aussi essentiels que le contenu des projets immobiliers du plan Campus ». À cela s’ajoute, selon la présidente, « des conflits institutionnels plus sérieux » : Montpellier 1 et son souhait « d’une fusion aboutissant à une seule université facultaire, une sorte de “grande” université Montpellier 1 » contre Montpellier 2 qui voulait la création d’un « grand établissement ». La présidente de Montpellier 3 était favorable à la proposition de Montpellier 2 qu permettait « à toutes les forces scientifiques de Montpellier de prospérer ». Mais, selon elle, « UM1, SupAgro, l’école de chimie craignant de perdre leur leadership se sont opposés à ce projet, rejoint en cela par le Pres et surtout la Région, le préfet et le recteur. »
Pas de fusion, pas de projet d’initiative d’excellence
Anne Fraïsse considère que « le gouvernement a porté l’estocade au projet de fusion avec son nouveau projet de grand emprunt et la création de l’initiative d’excellence (Idex) ». Dans une lettre adressée aux membres du comité de pilotage de l’Idex, la présidente de Montpellier 3 explique que « dans ses contours scientifiques, le grand emprunt prétend sélectionner l’excellence scientifique mais rejette par construction les lettres, les langues, les arts et les sciences humaines et sociales ». « Dans ce contexte, la fusion n’était plus possible puisque la future université unique allait devoir s’engager à financer certaines disciplines sans qu’aucune garantie ne soit donnée aux autres quant à leur pérennité », ajoute-t-elle.
« Je ne vis pas de promesses »
« Je n’engagerai pas ma signature sur quelque chose que je ne peux pas tenir », a répété la présidente de Montpellier 3, Anne Fraïsse, lors d’une conférence de presse ce vendredi matin. « Je ne vis pas de promesses, ni de celles du ministère, ni des miennes. Je regrette déjà beaucoup celles que j’ai faite pour Campus avec la promesse de fusion », poursuit-elle. Concernant le contenu scientifique du projet d’initiative d’excellence, la présidente de Montpellier 3 estime « que nos domaines de compétences n’apparaissent pas. Quelques mots portant sur les lettres et les sciences humaines ne le semblaient pas difficiles ». Quant à la gouvernance, « je refuse de m’engager sur quelque chose qui n’est pas défini clairement. Nous n’arrivons pas à faire la fusion ».
A propos de ce projet d’initiative d’excellence, la présidente de Montpellier 3 ajoute qu’elle « doute que le projet du ministère soit uniquement scientifique. C’est un projet pour restructurer les universités et établir une hierarchie. Mon université ne veut pas de cette classification ».










