Mobilisation générale autour d'ArcelorMittal
Le chèque, d’un montant de 13,27 M€, est signé de quinze investisseurs privés lozériens et un Toulousain, Alain Di Crescenzo, PDG du groupe IGE+XAO (Schneider Electric) et par ailleurs président de la CCI Occitanie. L'Agence régionale Aménagement Construction Occitanie (Arac) y a aussi mis des billes. Son bénéficiaire est la branche Méditerranée du n°1 mondial de la sidérurgie, ArcelorMittal, aux 61,7 Md€ de chiffre d'affaires, qui s'est engagé à les rembourser sur sept ans. L'enjeu est de transformer l'usine (94 M€ de CA) de Saint-Chély d’Apcher au nord de la Lozère, qui emploie 200 salariés et cinquante sous-traitants sur le territoire, sans compter les emplois locaux induits dans la soudure, l’électricité… En adaptant ses appareils de production, ArcelorMittal veut augmenter, au sein de cette usine, la part d'activité dédiée à l’industrie automobile, la passant de 15 à 70 %. Pour Bruno Ribo, président d'ArcelorMittal Méditerranée, « il s’agit de répondre à la demande croissante des constructeurs, en aciers électriques destinés aux moteurs hybrides et électriques » et pérenniser ainsi l’activité de l’usine lozérienne. Tout devrait être opérationnel en mars 2022.
Site enclavé et concurrencé
La concrétisation de ce projet est un grand soulagement pour les acteurs du territoire. « Jusqu’au 15 octobre, date à laquelle le board d’ArcelorMittal s’est réuni, nous ignorions si l’usine lozérienne serait retenue par la direction nationale du groupe pour accueillir cette transformation », raconte Thierry Julier, président de la CCI48. L’usine de Saint-Chély d’Apcher était en compétition avec le site d’ArcelorMittal à Grande Synthe, près de Dunkerque. « Si ArcelorMittal avait porté ce projet, il aurait vu le jour à Dunkerque, à proximité de ses usines allemandes », estime le président de la CCI48. La situation enclavée du site lozérien d’ArcelorMittal ne joue pas en sa faveur. Aussi, la Région Occitanie, la CCI48 et la Société d’économie mixte d’équipement pour le développement de la Lozère (Selo) se sont aussi retroussés les manches aux côtés des acteurs privés. « Nous avons eu l’idée de fonder une société de capital-risque constituée d’investisseurs locaux », explique Thierry Julier. Chacun des seize investisseurs privés a accepté de contribuer à hauteur de 50 K€ chacun, l’Arac abonde à hauteur de 200 k€. Ensemble, ils créent Apcher Invest qui contracte ensuite le prêt bancaire de 13,27 M€.
Modèle à dupliquer
Pour le président de la CCI48, il s'agit d'un modèle vertueux, susceptible d’être dupliqué à l’avenir pour d’autres projets. Actionnaire à titre personnel, Alain Di Crescenzo abonde : « Il y a des projets d’infrastructures et d’entreprises partout. Les plus intéressés par leur réalisation sont les personnes qui vivent sur ces territoires. Si nous parvenons à proposer aux épargnants de contribuer à la concrétisation de ces dits projets, nous pourrons réorienter cette épargne. » Un avis partagé par Thierry Julier : « Il n’y a pas que le livret A dans la vie ! »
