Métro : Moudenc fait de Toulouse Aerospace Express une « priorité » de son mandat
« Une priorité de mon mandat. » A l’occasion de la première réunion du comité de pilotage partenarial* du projet de 3ème ligne de métro, Toulouse Aerospace Express, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole (Les Rép.) a confirmé son intention de réaliser, d’ici à 2024, une ligne de métro reliant Montaudran et Colomiers. « Cette ligne sera celle de l’économie et de l’emploi, avec 201 000 emplois desservis, soit 48 % des emplois dans la métropole », a insisté Jean-Michel Lattes, président de Tisséo SMTC, avec la desserte de Colomiers, zone d’Airbus, Toulouse Euro Sud Ouest (autour de la gare Matabiau), campus Montaudran Aerospace, Airbus Defence and Space, Labège Innopole. « Les lignes A et B étaient concentrés sur l’habitat, et desservent le centre de Toulouse. La 3ème ligne sera plus axée sur le monde économique, et son tracé ne passera pas dans le centre, ce qui est beaucoup mieux en termes de coût, de faisabilité technique, d’agenda de travaux et d’acceptabilité sociale », a précisé Jean-Luc Moudenc.
Les trois piliers du projet : mobilité de la population, attractivité de la métropole, accessibilité des zones d’activités, de l’aéroport, de la gare Matabiau… Les besoins en mobilité vont augmenter. « L’ère métropolitaine connaît chaque année entre 12 000 et 14 000 habitants supplémentaires. D’ici à 2025, 500 000 déplacements par jour supplémentaires, tous modes de transport confondus, sont attendus », précise Jean-Michel Lattes. Le coût de l’infrastructure est compris entre 1,5 Md€ et 1,7 Md€. Sa longueur : entre 20 et 25 km. Les premières études font état d’une fréquentation de 200 000 voyageurs/jour dès le démarrage, « soit un niveau supérieur à la fréquentation initiale des lignes A et B du métro », inaugurées en 1993 et 2007, a martelé l’élu. Côté calendrier, le dossier de choix sera présenté mi-décembre. La concertation publique et les études préliminaires sont prévues en 2016. Suivront, entre 2017 et 2019, les études opérationnelles et l’enquête publique. Les travaux pourraient être lancés en 2019 ou 2020, pour une mise en service prévue en 2024.
Sujette à controverse, voire raillée pour son côté irréalisable et hors de prix, la 3ème ligne de métro semble passer « d’idée à projet », selon M.Moudenc. « Martin Malvy (président PS de la Région MP, NDLR), connu pour son pragmatisme et son sérieux, et peu suspect de proximité avec moi, m’a proposé que nos services travaillent ensemble pour définir ce 3ème ligne. Peu à peu , les acteurs comprennent que ça va se faire. Vouloir ne suffit pas. Je note que toutes les études corroborent la pertinence du projet. Et plus on approfondit, plus on trouve des raisons de le faire. Le curseur évolue. Je suis sûr que ce projet suscitera au final beaucoup d’enthousiasme. »
Concernant le projet de prolongement de ligne B (PLB) de métro jusqu’à Labège, au stade de l’enquête publique, soutenu par l’exécutif du Sicoval, M.Moudenc fait peser les fréquentations prévues et les tracés respectifs. « Le prolongement de la ligne B sera emprunté par 36 000 voyageurs par jour, pour un investissement de plus de 400 M€. Toulouse Aerospace Express sera emprunté par 200 000 voyageurs par jour, et permettra à Labège d’être relié à l’aéroport et à la gare Matabiau. » Les deux documents – résultat de l’enquête publique pour le PLB et rendu des études multi-critères (fuseaux, insertion, fréquentation…) pour la 3ème ligne seront bouclés en fin d’année. « Ils nous permettront de nous baser sur des critères techniques, objectifs. Ces documents seront l’œuvre d’ingénieurs, de commissaires-enquêteurs, pas de politiques », indique Jean-Luc Moudenc, qui ne veut pas de « querelle électorale au cœur du projet », comme cela fut le cas en février, avant les élections départementales. « Chacun prendra ses responsabilités politiques et les prendra en fonction de son poids respectif. Je veux des décisions fermes et définitives fin 2015 ou début 2016. Le mieux que Labège ait à faire, c’est de s’embarquer dans cette magnifique aventure de la 3ème ligne. C’est une hypothèse beaucoup plus forte pour Labège que le PLB », a déclaré le maire de Toulouse.
Faire les deux ? « Ne pas choisir serait un choix, a-t-il ironisé. Mais est-ce que ça serait pertinent ? Pourrait-on payer les deux ? Il faut attendre que toutes les études soient sur la table. Aujourd’hui, Labège défend le PLB, ce qui correspond à la raison sociale du Sicoval (sic). Nous, on ne raisonne pas Sud-Est (de Toulouse, NDLR). On est une métropole de 750 000 habitants, notre problème, ce n’est pas le Sud-Est. C’est le Sud-Est, le Sud-Ouest et le Nord, qui souffre d’un sous-équipement en transports en commun. »
Concernant l’épineuse question du financement, Moudenc affirme sa volonté de négocier des subventions européennes à Bruxelles, le projet de 3ème ligne étant le plus important projet de transport en commun urbain en France avec la 4ème ligne de métro de Lyon. L’évolution du versement transport à Toulouse, « l’une des plus dynamiques de France » selon Jean-Michel Lattes (235 M€ par an, + 3 % en 2014 par rapport à 2013), pousse les élus à l’optimisme. « C’est la dernière recette fiscale dynamique de la collectivité, toutes les autres sont atones, souligne Jean-Luc Moudenc. D’autres métropoles sont, avec leur versement transport, à – 10 %, et doivent suppriment des projets. » Et Jean-Michel Lattes de conclure : « Ici, le principal moteur de financement des transports, c’est l’entreprise. Il est donc cohérent de porter un projet de transport qui profite au monde économique. »
* Les membres du comité de pilotage partenarial : SMTC, SMAT, AUAT, quatre intercommunalités membres du SMTC (Toulouse Métropole, Sicoval, agglomération du Muretain, SITPRT), Etat, Région MP, conseil départemental de Haute-Garonne, CCI de Toulouse, Airbus Group, aéroport de Toulouse Blagnac, SNCF.










