Mécanuméric injecte 1,2 M€ dans sa digitalisation
Après avoir engagé 13 M€ dans de nouveaux locaux de 13 000 m2 dans la zone d'activités de Rieumas, à Marssac-sur-Tarn, juste avant le début de la crise, le groupe Mécanuméric, spécialisé dans la fabrication de machines de découpe à commandes numériques pour l'industrie (notamment pour l'aéronautique), investit 1,2 M€ dans la digitalisation de ses process. « Nous allons notamment déployer en 2022 une solution de PLM (Product lifecycle management, ou gestion du cycle de vie du produit), explique à La Lettre M Arthur Païs, président du groupe de 120 salariés, qui y voit « un enjeu stratégique ».
Une activité soutenue
La crise, Mécanuméric la traverse avec une certaine dose de sérénité, lui qui a enregistré une baisse d'activité de 18 % l'an dernier. « Nous nous sommes mieux débrouillés que certains, qui ont chuté de 40 %, constate le dirigeant. Notre avantage est probablement de ne pas être trop orienté sectoriellement. La transversalité des applications de nos machines est clairement un atout. Alors que l'aéronautique, qui représentait un tiers de notre activité avant la crise, a été touchée de plein fouet, nous avons réussi à rééquilibrer en partie nos ventes en travaillant davantage avec d'autres secteurs sur lesquels nous étions déjà positionnés depuis des années. » Cette stratégie historique de diversification pourrait permettre au groupe, qui a enregistré 16,1 M€ de chiffre d'affaires l'an dernier, de retrouver – « voire de dépasser » - dès 2022 son volume d'affaires d'avant-crise. Mécanuméric, qui a profité de la période de crise pour repenser entièrement son offre de produits, résolument orientée Industrie 4.0, vient par ailleurs de nouer un partenariat commercial avec la société ERM Automatismes, en vue de proposer ensemble une offre made in France dédiée aux secteurs de l'enseignement professionnel et des fablabs (laboratoires de fabrication).
« Nous travaillons depuis des années dans cet univers, au travers de notre gamme Charlyrobot, mais il m'est apparu comme une évidence que notre culture interne, très orientée vers le monde industriel, n'était pas la meilleure pour avoir l'écoute nécessaire et apporter le service adéquat, confie Arthur Païs. Avec ERM (solutions didactiques pour les formations technique, siège à Carpentras - 84, NDLR), nous voulons prouver que nos produits, conçus et fabriqués en France, peuvent être vendus en France, dans ce secteur aux budgets limités, en dépit de la concurrence de produits à bas prix venant d’Asie, et particulièrement de Chine. » La société n'exclut pas d'autres partenariats de ce type à l'avenir, dans des secteurs de niche comme celui de la prothèse dentaire.
