la lettre M

Région Occitanie
|
Industrie
| 21/09/2021

L'UIMM MP-Occitanie envisage un chiffre d'affaires en hausse de 7%

Une livraison de 600 appareils pour Airbus, 7 000 avions en commande pour les 7 -8 ans à venir et de nouveaux marchés en perspective. L’industrie aéronautique, locomotive de la métallurgie qui emploie 120 000 salariés en Occitanie, reprend son envol. Certes l’activité de ce secteur cher à l’Occitanie a été réduite de 20 à 30%, comme le note Bruno Bergeond, président de l’UIMM MP-Occitanie, et le trafic international longs courriers est toujours inférieur à 50% à celui d’avant crise. « Mais les annulations de commandes ont été largement compensées par les ventes et l'on s’aperçoit que le nombre de commandes est positif » commente, résolument optimiste, celui qui est aussi directeur programmes Airbus et ATR et directeur des relations institutionnelles pour le Groupe Safran en Occitanie.

De nouveaux marchés

Surtout, l’avenir s’annonce plus souriant, éclairci par de nouvelles innovations en cours d’élaboration. « Il y a, comme jamais, dans nos bureaux d’études, des activités en R&D sur des transitions énergétiques sur l’hydrogène, l’avion plus électrique, sur la diminution des émissions, s'enthousiasme le président de l'UIMM MP-Occitanie. Ces activités vont nous amener à l’horizon 2025 à des concepts d’avion et à l’horizon 2035 à des nouveaux produits, qui viendront remplacer les 7 000 avions que nous avons aujourd’hui en commande. » L’annonce de certains futurs programmes de construction semble balayer les derniers nuages : la version cargo de l’A350 d'Airbus pour 2025 ou encore le futur avion de combat européen (8,6 Mds€ d’investissement) sur 2025-2040. « Ça peut paraître loin mais c’est gigantesque », soutient encore Bruno Bergeond, tout juste réélu pour 3 ans.

Le manque de main d'oeuvre et la pénurie de matériaux freinent

Des perspectives qui dopent l’industrie dont le chiffre d’affaires était en baisse de 16% en 2020 ( -34% pour les investissements) et annonce une augmentation de 7% pour 2021 ( + 21% pour les investissements). Reste que, l’activité tarde à démarrer dans d’autres secteurs comme l’automobile, freinée par l’arrêt du diesel et par la pénurie de certains composants « qui font rater des ventes aux constructeurs et impacte toute la chaîne » selon Bruno Bergeond qui ajoute : « D’une façon générale, 50% de nos entreprises industrielle font face à des problèmes de pénurie de matériaux ou d’augmentation de coût. Il y a des efforts à faire dans les négociations de contrat mais aussi dans l’innovation, seule façon de faire baisser cette pression sur les prix. » Innovation, compétences, deux pédales d’accélérateur sur lesquelles il faut selon le président de l’IUMM continuer d’appuyer. À condition de pouvoir recruter. Car pendant la crise, « l’industrie métallurgique a perdu entre 3 et 4000 emplois net, estime le président de la fédération professionnelle. Dans les secteurs non aéronautiques, nous sommes déjà en recherche de personnel, comme avant la crise, avec les mêmes difficultés de recrutement. On a des handicaps sur la féminisation des salariés, sur l’apprentissage, on a vraiment des actions à travailler, État, Région, branche professionnelle, encore plus qu’avant la crise. » Sous cet optimisme raisonné, il y a donc « encore énormément à faire sur la formation l’employabilité de nos salariés, l’innovation et donc les compétences en général », conclut Bruno Bergeond.

Catherine Léhé/lehe@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie