la lettre M

Région Occitanie
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Agri - Agro / Viticulture
| 25/06/2019

L'impact des prix sur le foncier agricole

La Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer) Occitanie publie son rapport annuel sur le marché de l’espace rural*. En 2018, celui-ci s’est montré « particulièrement dynamique », indique-t-elle. Au total, 37 115 transactions ont été enregistrées, soit 86 501 hectares pour une valeur de 3,1 Md€. Le marché agricole – les transactions du marché de l’espace rural ayant une perspective d’utilisation agricole et soumises au droit de préemption de la Safer - représente à lui seul 19 496 transactions (59 774 hectares et 1,1 Md€ en valeur). Derrière ces transactions se pose la question du prix des terres. Zoom sur deux secteurs forts : la vigne et les grandes cultures où les prix se maintiennent, voire sont en hausse.

Vigne : une bonne valorisation

Concernant le secteur viticole, même si on reste très loin de l’hectare négocié à 1,1 M€ en moyenne en Champagne, la tendance haussière du prix des vignes est plutôt encourageante. « Encourageante car corrélée une valorisation économique du produit final », explique Frédéric André, DG de la Safer Occitanie. Les vignes en appellation Pic Saint-Loup tiennent le haut du pavé, négociées en moyenne à 50 000 €/ha, un prix en hausse de 25 %. Les vignes en appellation Languedoc-Picpoul de Pinet partent à 25 000 € l’hectare. En Aveyron, l’appellation Marcillac affiche un hectare à 18 000 €, tout comme l’appellation Madiran sur la zone Hautes-Pyrénées. L’appellation Cahors, dont 70 % de la récolte ont été ravagés le 7 mai par la grêle, se négocie à 12 000 €/ha. D’autres appellations, comme les Côtes du Rhône Villages et Tavel (30), Terrasses du Larzac (34), La Livinière (34), La Clape (11) ou encore Boutenac (11) sont aussi recherchées. Les acquéreurs sont très variés : porteurs de projets non agricoles, négociants en vin, viticulteurs locaux… « Ce parcellaire donne lieu à de fortes concurrences entre jeunes agriculteurs souhaitant s’installer et viticulteurs locaux souhaitant se renforcer », alerte toutefois la Safer Occitanie. Pour soutenir l’installation des jeunes, elle annonce, à l’occasion de son assemblée générale du 18 juin, la création d’un fonds d'aide à l'installation. « Il faut contribuer à l’effort fourni en faveur du renouvellement des générations », martèle Dominique Granier, président. Une réserve de 300 k€ est votée. Le dispositif prendra en charge 100 % des frais notariés.

Grande cultures : des prix trop hauts

Côté grandes cultures, la tendance haussière des prix est moins bien accueillie, dans le Lauragais particulièrement (Tarn, Aude, Haute-Garonne). « Nous avons essayé de maintenir les prix autour de 9 000 €/ha mais aujourd’hui ils sont plutôt à 12 000 €/ha. Cela ne correspond plus à la réalité économique, déplore Frédéric André. La conjoncture mondiale (bonne récolte au Canada et en Ukraine, NDLR), doublée des aléas climatiques entraînant une baisse de la production, fait que nous avons 1 000 hectares sur les bras. Nous ne trouvons pas d’acquéreur. » L’enjeu pour la Safer Occitanie : éviter que les gros propriétaires locaux - les seuls à avoir les moyens financiers pour acheter à ces prix - ne deviennent encore plus gros avec pour conséquence des exploitations intransmissibles car trop grandes.

* Ensemble des transactions foncières réalisées sur les zones agricoles, naturelles et forestières.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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