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Hérault
| | 26/10/2012

Les patrons du Biterrois se bâillonnent pour être entendus

Environ 300 entrepreneurs du secteur du Biterrois se sont réunis jeudi 25 octobre à Béziers, dans l’amphithéâtre de l’UPV (Université Montpellier 3) lors de la Nuit de l’Entreprise, pour y exprimer leurs préoccupations en matière de compétitivité et de carnets de commande.
Pour symboliser leur sentiment de n’être « ni respectés ni écoutés » (Fabien Portès, président du Medef Béziers Littoral Ouest Hérault), ils se sont auto-bâillonnés, le temps de la photo (cf. ci-dessus, crédit photo : Pascal Cote).
Fabien Portès a insisté sur les dossiers d’actualité du territoire : l’arrivée de la gare TGV (à l’horizon 2025/2030, NDLR), l’évolution de l’aéroport de Béziers Cap d’Agde, le déclassement de la ville de Béziers dans la future loi Duflot.

Moins de 50 000 € par an

Laurent Boissonade, président du Medef L.-R., a rappelé que les entrepreneurs locaux n’avaient rien à voir avec les patrons du CAC 40. « 73 % d’entre eux gagnent moins de 50 000 € par an. Un autre chiffre que je tiens à souligner : seulement 12 entreprises implantées en L.-R. sont cotées en Bourse, sur les 140 000 qui sont inscrites au registre du commerce et des sociétés ! »
Michel Guilbaud, directeur général du Medef national, a pointé l’attente « énorme » suscitée par le rapport Gallois (connu le 5 novembre), portant sur la compétitivité des entreprises. « Il faut redonner des marges de manœuvre, a-t-il déclaré. Aujourd’hui, nous avons le sentiment de ne plus être entendus. Si les décisions ne sont pas à la hauteur, nous monterons le ton, et nous avons, sur le terrain, de votre relais et de vos informations. Le projet de loi de finances 2013 n’est pas favorable à la compétitivité des entreprises. Il a été ficelé sans aucune concertation avec les organisations professionnelles et les syndicats patronaux. Ce n’est pas les dispositifs publics qui vont résorber la montée du chômage. L’emploi viendra des entreprises elles-mêmes. Or, aujourd’hui, les entreprises françaises accusent un retard de 10 points par rapport à leurs homologues allemandes en termes de taux de marge. Ce taux est de 28 % en moyenne en France, et seulement de 24-25 % pour les PME. » En appelant aux patrons présents dans la salle : « Il faut agir sur le terrain. Parlez-en à vos députés, sénateurs, élus locaux… Il faut que ça percole ! »
Positions claires
Pour lui, « la réduction des déficits à 3 % du PIB ne fait pas une politique économique. Quand Hollande et Ayrault sont arrivés aux responsabilités, on s’est demandés : quelle sera la politique économique de la France ? Six mois après, et même s’ils ne font pas preuve d’ostracisme à notre égard, je me pose toujours la même question. »
Le Medef attend des positions claires sur la réforme du marché du travail et la réduction du coût du travail. « Les négociations que nous menons en ce moment avec les autres partenaires sociaux n’ont pas été impulsées par l’Elysée, mais par les partenaires sociaux eux-mêmes, avant l’élection présidentielle », a-t-il précisé.
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