Les hôtels hospitaliers de Seclem-GGL Santé
La société Seclem-GGL Santé (5 salariés, 3 recrutements en cours, Montpellier), dirigée par Clara Chaperon-Navarro, va déployer à partir de 2021-2022 un nouveau concept d’hôtel hospitalier. Clara Chaperon-Navarro prévoit l’ouverture d’une quinzaine de site d’ici 2 à 3 ans. Le plus avancé est Thionville en Moselle (fin 2020-début 2021). Devraient suivre Metz (57), Valenciennes (59), Perpignan (66), Marseille (13)… « Ces hôtels hospitaliers sont destinés à accueillir des patients autonomes et leurs accompagnants, sur prescription du corps soignant. C’est une solution à l’évolution de l’ambulatoire », poursuit la dirigeante. Le tarif d’hébergement varie de 80 à 120 € la nuité, avec possibilité de prise en charge. Les projets seront exploités sous la marque Seren’City. « Sur chaque site, sont prévus un coordinateur d’hébergement issu du milieu médical et une équipe de 3 à 4 personnes. Ce concept peut très vite générer la création d’une centaine d’emplois voire des métiers émergents », ajoute Jean-Marc Leygue, directeur général du groupe GGL.
Seclem-GGL Santé assure l'exploitation et la gestion des hôtels hospitaliers tandis que le groupe GGL s'occupe de la réalisation du bâtiment (suivi administratif et technique) qui fait l'objet d'une vente en bloc auprès d'investisseurs. « Le concept est en rupture avec l’hébergement médical. Ces opérations clés en mains s’appuient sur la construction de studios traditionnels adossés à des espaces communs à proximité immédiate d’un établissement de santé. Ces logements ne sont pas médicalisés mais équipés pour recevoir ce type de public et dotés d’outils intelligents, capteurs, logiciels,… pour sécuriser leur accueil. Nous nous appuyons sur des architectes spécialisés – Emmanuelle Navarro et ArchiGroup - et la maquette numérique pour nous adapter aux besoins des pathologies », explique Jean-Marc Leygue, directeur général du groupe GGL qui entrevoit déjà des possibilités d'évolution du concept avec les mobilités. « La force de la société est de garantir aux établissements de santé la destination de cet hébergement pour lequel un process qualité a été mis en place », complète Clara Chaperon-Navarro.
Des services et des emplois
« L’hôtel hospitalier aura, selon les sites, une capacité de 30 à 150 studios. Les espaces communs permettent de proposer des activités (restauration spécifique, sports, loisirs… NDLR) et dispose d'une salle de consultation pour des professionnels de santé libéraux : psychologue, kinésithérapeute, sage-femme,… », explique Clara Chaperon-Navarro. « Sur chaque site sont prévus un coordinateur d’hébergement issu du milieu médical et une équipe de 3 à 4 personnes. Ce concept peut très vite générer la création d’une centaine d’emplois voire des métiers émergents », ajoute Jean-Marc Leygue. Un think tank animé par le Pr Francis Navarro (chirurgien digestif), initiateur du projet a été mis en place et s'appuie sur divers experts afin de faire évoluer le concept.
30% des patients seraient concernés
« Ces projets d’hôtels hospitaliers font suite à un appel à projet lancé fin 2016 pour lesquels une expérimentation est en cours. 2019 est la première année d’évaluation principalement auprès de grands établissements CHU et centres de lutte contre le cancer, 41 établissements sélectionnés. Ces formes d’hébergements sont innovantes car elles dissocient les soins et l’hébergement en faisant rentrer la ville dans l’hôpital, indique à La Lettre M Jean-Pierre Berthoux, professeur émérite en chirurgie générale et référant FHF (fédération de l’hospitalisation) pour les hôtels hospitaliers. Ces hôtels hospitaliers sont appelés à se développer en intégrant le parcours de soin des patients. Une étude a montré que 30 % des patients répondent aux critères d’accès aux hôtels hospitaliers. »
Un outil au service de la gestion des établissements de santé
« L’hôtel hospitalier est un outil au service de la gestion de l’établissement de santé car il lui permet de gérer le flux des patients par une optimisation de la gestion des lits. Nous travaillons en amont avec les établissements de santé sur les différents parcours de soins », explique Clara Chaperon-Navarro. « Ce concept constitue un facteur de restructuration relativement doux des projets d’établissements de santé. Il renforce aussi le maintien d’une activité hospitalière dans les territoires, précise le Pr Jean-Pierre Berthoux. L’hôtel hospitalier ne génère pas de surcoût à l’assurance maladie, n’induit pas de perte de recette à l’établissement de santé qui maintient sa capacité en lits et il n’y a pas de reste à charge pour le patient dans son parcours de soin. C’est un outil gagnant/gagnant ».

Esquisse de l'Hôtel hospitalier de Thionville (57). DR.
