Les Hautes-Pyrénées et le Gers touchés par la grippe aviaire
Sans surprise, l’influenza aviaire a fait irruption dans le Gers, dans un élevage situé à quelques kilomètres des Landes, département qui compte à lui seul 119 foyers. « Il faut agir vite pour stopper la diffusion de l’épidémie », indique à La Lettre M Benjamin Constant, président de l'association gersoise pour la promotion du foie gras et de l'aviculture. Ainsi, le 6 janvier, une opération d’abattage de 40 000 canards, selon les chiffres de la chambre d'agriculture du Gers, a été réalisée, conformément à la stratégie de prévention définie par l’État. Dans le même temps, de nouvelles analyses devaient être effectuées, car un autre bâtiment était suspecté d’être touché. Au niveau national, plus de 350 000 canards ont été abattus depuis le 24 décembre, et le ministère de l'Agriculture a publié le 7 janvier un nouveau dispositif de prévention prévoyant de nouveaux abattages préventifs.
De lourdes conséquences économiques potentielles
Malgré les dispositifs de prévention mis en œuvre, Bernard Lannes, président de la Coordination Rurale et éleveur dans le Gers estime que « le virus va se propager dans le département ». Les conséquences pourraient être lourdes : le Gers, deuxième département producteur de canards après les Landes, compte environ 800 producteurs qui élèvent 4 M de canards par an, sur les 29 M que produit la France. Lors des deux épisodes de grippe aviaire hautement pathogène de 2015-2016 et 2016-2017, les aides débloquées pour les éleveurs et acteurs de la filière concernés en France avaient atteint 320 M€. Le Cifog (interprofession du foie gras) appelle l'État à définir les « indemnisations […] pour compenser le préjudice lié aux abattages préventifs mais également les pertes liées à la non-production ». Face à l’épizootie, la Chine a annoncé le 6 janvier suspendre les importations de volailles françaises.
