la lettre M

Haute-Garonne
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Biotechs - Santé
| 2/11/2021

Les contours du projet de Grand hôpital régional des enfants porté par le CHU de Toulouse

Composante majeure du projet d’établissement 2018-2022 du Centre hospitalier universitaire de Toulouse, le Grand hôpital régional des enfants va mobiliser un budget global de 147 M€. Une décision est attendue d’un jour à l’autre concernant un éventuel soutien de l’État dans le cadre du Ségur de la santé.

Le projet de Grand hôpital régional des enfants, porté par le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse, bénéficiera-t-il du plan d’investissement du Ségur de la santé ? À l’été 2020, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, annonçait que 19 Md€ seraient alloués, sur dix ans, aux hôpitaux et aux Ehpad de France pour améliorer la prise en charge des patients et le quotidien des soignants. Depuis, les Agences régionales de santé (ARS) – chargées de piloter les trois quarts de l’enveloppe globale – et les élus locaux sont à pied d’œuvre pour identifier des projets prioritaires au regard des besoins de santé de leur territoire. Les premières annonces d’investissements régionaux ont été faites le 19 octobre dernier à Dijon par Jean Castex : les établissements sanitaires et médicaux-sociaux de Bourgogne-Franche-Comté bénéficieront d’une enveloppe d’environ 830 M€. « Le Premier ministre, avec le gouvernement, poursuivra le déploiement des investissements régionaux à raison d'un territoire par semaine », précise Matignon dans un communiqué, où l’on apprend aussi que l’Occitanie devrait constituer la troisième étape de ce tour de France.

Projet d'établissement 2018-2022

« Des annonces sont attendues d’un jour à l’autre », confirme Anne Ferrer, directrice générale adjointe du CHU de Toulouse, à La Lettre M. Avec une quinzaine de sites, près de 16 000 collaborateurs, quelque 3 000 lits, 900 000 consultations externes et 287 000 séjours par an, les besoins des Hôpitaux de Toulouse sont évidemment nombreux, comme en atteste le projet d’établissement 2018-2022. Plusieurs chantiers d’envergure figurent dans cette feuille de route. Certains déjà réalisés – la Cité de la santé sur le site de La Grave, la Clinique universitaire du sport, le Centre de réponse à la catastrophe… –, d’autres sur le point d’être lancés, à l’instar du Grand hôpital régional des enfants (GHRE) sur le site de Purpan.

Si un soutien financier de l’État, dans le cadre du Ségur de la santé, serait un plus pour l’opération – une enveloppe de 22,3 M€ a été sollicitée –, sa réalisation ne lui est toutefois pas conditionnée. « Ce projet, d’un coût total de 147 M€, est déjà très mature », estime Anne Ferrer. L’un de ses enjeux principaux : faire face à une sollicitation toujours plus forte des services de soins de l’enfant dans une métropole à la démographie galopante. « À leur ouverture en 1991, les urgences pédiatriques étaient dimensionnées pour 14 000 passages par an, illustre Anne Ferrer. Nous en enregistrons plus de 55 000 aujourd’hui, sans aucune régulation des arrivées des parents avec leurs enfants. Sans compter les pics d’activité auxquels nous devons faire face, comme c’est le cas en ce moment avec l’explosion des cas de bronchiolites. »

Trois nouvelles constructions

L’actuel hôpital des enfants de Purpan, qui s’étend sur quelque 24 000 m2 et emploie 1 233 agents, sera donc agrandi (sa future superficie reste encore à définir), mais surtout réorganisé. Première étape du chantier : la construction d’un bâtiment à la place d’un parking, dans le prolongement de l’actuel hôpital des enfants, afin d’agrandir et de moderniser les urgences pédiatriques et de regrouper plusieurs spécialités telles que la réanimation, les soins intensifs, l’imagerie… « Cette extension, qui figure dans notre programmation 2021-2022, devrait être livrée fin 2025 », précise la directrice générale adjointe du CHU de Toulouse. Un deuxième bâtiment (livraison prévue fin 2025) sera construit à l’aplomb de la maternité Paule de Viguier pour permettre de rapprocher salles de naissance et services de néonatalogie. Enfin, dernier volet du chantier : la création d’un bâtiment (livraison mi-2026) dans lequel seront rapatriées toutes les activités de pédopsychiatrie aujourd’hui disséminées sur 4 000 m2 entre Purpan, La Grave…

« Au-delà de ces trois nouvelles constructions, le GHRE vise aussi à créer des parcours simplifiés, gradués et numérisés à Purpan en lien avec les praticiens libéraux du territoire », résume Anne Ferrer, ajoutant que des travaux de réhabilitation des espaces actuels sont également programmés entre 2026 et 2032, notamment pour améliorer leur qualité énergétique. L’ensemble de ces investissements (147M) sera financé par l’emprunt bancaire (133 M) et la cession d’une partie du site de La Grave (34 M). L’éventuelle enveloppe de l’État (22,3 M) viendrait compléter les fonds propres du CHU pour rembourser, sur 20 ans, son emprunt et les frais financiers associés.

Aline Gandy / gandy@lalettrem.net

 

Anne Ferrer, DG adjointe du CHU de Toulouse. / © Frédéric Scheiber

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