Les CCI sous tension
Les patrons ne parlent que de ça, lors des Universités d'été du mouvement patronal, les 28 et 29 août sur le campus de HEC Paris (Jouy-en-Josas - 78). Quelle position doit prendre le Medef après l'annonce, cet été, par le gouvernement, d'une coupe drastique des dotations des CCI (- 400 M€ d'ici à 2022) ? Et quel impact, demain, de ce déclin programmé des CCI, pour les Medef territoriaux ? « Le rôle du Medef va être amené à évoluer en matière d’accompagnement du développement économique local, vu la situation dans laquelle se trouvent les CCI : elles sont réduites à la portion congrue », souligne Francis Pozo, secrétaire général du Medef Béziers Ouest Hérault. Dans le réseau consulaire régional, 400 postes sont menacés d'ici à 2022. « Il y a un côté cynique de la part de l'État. Il demande aux présidents de CCI de faire le sale travail, s'agace un décideur toulousain. Réduire les dotations, pourquoi pas, parler du rôle des CCI, d'accord, mais la méthode utilisée est brutale. On inflige 50 % de dotations en moins aux CCI en quatre ans. Mais que fait l'État, de son côté ? Le Premier ministre Édouard Philippe a mis en avant, lors de son discours, le 28 août, un effort de 10 % sur les postes de diplomates en quatre ans. 10 %, ce n'est pas 50 %... »
La CCI Occitanie, présidée par Alain di Crescenzo, confie au cabinet Altedia (Paris) la mise en place d’un dispositif d’accompagnement et d’aide au reclassement professionnel de ses collaborateurs licenciés – et ne pouvant pas prétendre au bénéfice d’une retraite. Le marché – qui se chiffre à 400 k€ au total - concerne des collaborateurs basés dans trois départements. « Dans l’Hérault et le Gard, cela fait suite à la départementalisation des CCI, tandis qu’en Tarn-et-Garonne, la baisse des ressources fiscales a fragilisé la chambre », affirme Christian Jouve, directeur général de la CCI Occitanie. Dans le détail, 37 postes ont été supprimés dans l’Hérault par des non-reconductions de CDD, des départs à la retraite non remplacés, des ruptures conventionnelles et des licenciements en dernier recours (au nombre de 8). « Dans le Gard, 52 postes ont été supprimés, dont 20 par licenciement, et en Tarn-et-Garonne, 8 postes ont été supprimés – avec essentiellement des changements d’activité à la clé et un licenciement », complète Didier Berni, DRH de la CCI régionale. À ce jour, les CCI 30, 34 et 82 comptent respectivement 160, 118 et 32 collaborateurs, sur un total de 1 414 salariés en Occitanie (1 348 ETP). Mais d’autres coupes sont à prévoir. « La baisse de la ressource fiscale en 2018, qui est de – 18 %, se traduit d’ores et déjà par 25 postes supprimés dans l’Hérault et 18,5 dans le Gard », indique Didier Berni. Conclusion tranchée, recueillie auprès du Medef : « Sur le dossier consulaire, on est rattrapés par un État très centralisateur, qui a tendance à stigmatiser les corps intermédiaires, avec une position doctrinaire, et qui avance résolument. Il s’agit aussi pour l’État de faire les poches aux uns et aux autres (sic), pour échapper à faire les efforts lui-même, chose à laquelle il n’échappera pas le jour venu. »
