la lettre M

Région Occitanie
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Industrie
| 30/11/2021

Les alternatives des entreprises à la pénurie de matériaux

Face à la pénurie de matériaux, les entreprises régionales s’organisent. Dans le BTP, Frédéric Carré, président de la FFB Occitanie, dénonce une situation tendue : « Nos marchés sont signés, fermes et non négociables. Les entreprises ont souvent dû assumer la hausse des prix. » Obligée de « mettre des personnes en chômage partiel par manque de matériaux », la profession dénonce un paradoxe cruel. Autre secteur phare du territoire, l’aéronautique souffre elle aussi des pénuries comme le souligne Pauline Lambert, DG de la société PSD Aero, spécialisée dans la distribution de produits métallurgiques : « Les délais s'allongent et les prix s'envolent. C'est la raison pour laquelle nous cherchons à répertorier les stocks dormants afin de pouvoir les proposer à la vente. » Chez l’hélicier lotois Ratier-Figeac, la pénurie a des impacts sur la production, mais aussi sur certains investissements. Le site, qui engage plusieurs millions d'euros dans la réfection des toits de l'un de ses bâtiments, a ainsi été contraint d'acheter  et de faire stocker en externe  l'ensemble des matériaux nécessaires afin de sécuriser ses travaux.

Anticipation
L’industrie automobile n’est pas épargnée. « Nos clients  les constructeurs  freinent leur production car ils manquent de semi-conducteurs, explique Gérald Mirabel, DG du fabricant de roulement à billes SNR Cévennes (400 salariés) à Alès (30). Afin que notre niveau de stock n’augmente pas trop, nous avons dû recourir à l’activité partielle depuis le mois d’octobre. » L’entreprise prévoit d’étendre davantage son panel de fournisseurs de façon à réduire sa dépendance, même si « plus le fournisseur est loin, moins il sera réactif et plus le produit mettra du temps à être acheminé ». De son côté, le toulousain Actia Group (3 600 salariés), spécialisé dans les systèmes embarqués électroniques, a mis en place une « War Room dès le mois de février », témoigne Vincent Turmel, directeur des achats. Cette cellule pluridisciplinaire travaille en direct avec les fournisseurs les plus critiques, recherche et évalue des sources alternatives de composants. Côté Dell Technologies, dont les délais de livraison « sont passés de dix jours à entre deux et trois mois parfois », indique Muriel Avinens, directrice du site de Montpellier (900 salariés), on mise aussi sur une anticipation des besoins. En cas de retard trop important, l’entreprise prévient en amont ses clients et adapte son offre en orientant vers des produits de substitution.

Surstocks et alternatives
Le papier est également devenu une denrée rare, explique Antoine Roux, fondateur de la société toulousaine PrintOclock, spécialisée dans l’impression en ligne (70 salariés). « Les prix ont bondi de 20 % en deux mois, déplore-t-il. Nous sommes obligés d’avoir en permanence 50 % de stocks supplémentaires, ce qui pose la question de l’espace. » Dans le Roussillon, c’est une pénurie de bouteilles en verre que doit affronter la cave Arnaud de Villeneuve (300 vignerons). Jean-Pierre Papy, DG, rapporte que « les verriers eux-mêmes essaient de nous trouver des alternatives, qui débouchent fatalement sur un effet d’aubaine et une hausse des prix… »

La rédaction
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