Le tronçon Montpellier-Béziers de la LGV a ses financements
Le protocole de financement de 2,04 Md€ pour la première phase de la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) – soit le tronçon Montpellier-Béziers, ligne mixte de 52,3 kilomètres et 7 km de raccordement – a été signé par le Premier ministre. L’État assume 40 % du coût et onze collectivités locales* 40 % (816 M€ dont 334 M€ de la Région Occitanie). « L’Europe est attendue sur les 20 % restants », a rappelé Jean Castex.
Création d'un établissement public local
L’enquête pour la déclaration d’utilité publique (DUP) lancée mi-décembre s’est achevée le 27 janvier et la DUP devrait intervenir au plus tard le 27 juillet 2023. Proposé par les collectivités, un établissement public local (EPL) doit être créé par ordonnance avant avril 2022 : il portera le financement et participera à la maîtrise d’ouvrage. Les acquisitions foncières sont prévues dès 2022, les études doivent débuter en 2024, les travaux « avant 2030 » pour une mise en service envisagée en 2034. Le Premier ministre a rappelé que le tracé « tangentera au maximum l’autoroute pour limiter les nuisances ». Gain de temps entre la gare Montpellier Sud de France et Béziers : 18 minutes, assure la SNCF.
Béziers-Perpignan en ligne de mire
Pour achever le « maillon manquant de l’Europe du rail », il faudra aussi réaliser le tronçon Béziers-Perpignan (97,7 kilomètres de ligne nouvelle, plus 23 km de raccordements). Le Premier ministre a indiqué avoir « donné mandat au ministre des Transports pour que la phase 2 soit accélérée. La Lom prévoit des études en 2033 et des travaux en 2037. Les études doivent débuter en 2027 et les travaux en 2033. » Le protocole de la première phase engage aussi tous ses financeurs sur la deuxième étape. « Nous avons insisté pour que cela soit inscrit », affirme Hermeline Malherbe, présidente du Département des Pyrénées-Orientales.
Les collectivités locales voudraient une ligne mixte. « La deuxième phase devrait intégrer le fret, nous sommes encore à temps de travailler le sujet », juge la présidente de Région. La présidente du Conseil départemental de l’Aude Hélène Sandragné juge « inimaginable que le deuxième tronçon n’intègre pas le fret. Ce qui est proposé, c’est de maintenir la ligne actuelle pour le fret, mais cette ligne "des étangs" est submersible… » À ce jour, le projet complet, soit 150 km de ligne nouvelle et 30 km de raccordements, est estimé par SNCF Réseau à 6,12 milliards d’euros (en 2020).
*Région Occitanie, trois Départements (Hérault, Aude et Pyrénées-Orientales, la Métropole de Montpellier, cinq communautés d’agglomération (Sète Agglopôle Méditerranée, Hérault Méditerranée, Béziers Méditerranée, Grand Narbonne, Carcassonne Agglo) et la communauté urbaine Perpignan Méditerranée.
