Le tronçon Montpellier-Béziers de la LGV Montpellier-Perpignan est financé
Le Premier ministre Jean Castex a signé le 22 janvier à Narbonne (11) un protocole de financement à 2,04 milliard d’euros, pour la première phase de la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP), soit le tronçon Montpellier-Béziers, ligne mixte de 52,3 kilomètres et 7 km de raccordement. L’État assume 40 % du coût et onze collectivités locales* 40 % (816 M€ dont 334 M€ de la Région Occitanie). « L’Europe est attendue sur les 20 % restants, a rappelé le Premier ministre. J’ai voulu donner un coup d’accélérateur, pour une question d’équité du territoire. On voit les manques sur la carte, nos concitoyens se sentaient oubliés. Ces projets sont absolument indispensables, j’en ai la conviction depuis toujours. L’unité de tous a été décisive. »
« C’est une satisfaction collective, a affirmé Carole Delga. Nous voulons la mobilité par toutes et pour tous et une participation à la relance économique dont nous avons absolument besoin, dans la région qui gagne le plus de population de métropole. Nous devons créer 24 000 emplois par an pour que le chômage n’augmente pas. La qualité des infrastructures de transports est absolument indispensable. »
Création d'un établissement public local
L’enquête pour la déclaration d’utilité publique (DUP) lancée mi-décembre dure jusqu’au 27 janvier et la DUP devrait intervenir au plus tard le 27 juillet 2023. Proposé par les collectivités, un établissement public local (EPL) doit être créé par ordonnance avant avril 2022 : il portera le financement et participera à la maîtrise d’ouvrage. Les acquisitions foncières sont prévues dès 2022, les études doivent débuter en 2024, les travaux « avant 2030 », pour une mise en service envisagée en 2034. Le Premier ministre a rappelé que le tracé « tangentera au maximum l’autoroute pour limiter les nuisances ». Gain de temps entre la gare Montpellier Sud de France et Béziers : 18 minutes, assure la SNCF.
Béziers-Perpignan en ligne de mire
Pour achever le « maillon manquant de l’Europe du rail », il faudra aussi réaliser le tronçon Béziers-Perpignan (97,7 kilomètres de ligne nouvelle, plus 23 km de raccordements). Le Premier ministre a indiqué à Narbonne avoir « donné mandat au ministre des Transports pour que la phase 2 soit accélérée. La loi Lom prévoit des études en 2033 et des travaux en 2037. Les études doivent débuter en 2027 et les travaux en 2033. » Le protocole de la première phase engage aussi tous ses financeurs sur la deuxième étape. « Nous avons insisté pour que cela soit inscrit, affirme Hermeline Malherbe, présidente du Département des Pyrénées-Orientales.
Les collectivités locales voudraient une ligne mixte. « La deuxième phase devrait intégrer le fret, nous sommes encore à temps de travailler le sujet », juge la présidente de Région. La présidente du Conseil départemental de l’Aude Hélène Sandragné juge « inimaginable que le deuxième tronçon n’intègre pas le fret. Ce qui est proposé, c’est de maintenir la ligne actuelle pour le fret, mais cette ligne ‘des étangs’ est submersible... » À ce jour, le projet complet, soit 150 km de ligne nouvelle et 30 km de raccordements, est estimé par SNCF Réseau à 6,12 milliards d’euros (en 2020).
Régénérer les petites lignes
Outre la LGV, les lignes de « desserte fine » ont eu elles aussi leur protocole, « inédit et indispensable », selon Jean Castex. L’Occitanie est « la région de France avec le plus grand linéaire de petites lignes », note le directeur général délégué Projets, Maintenance, Exploitation de SNCF Réseau Matthieu Chabanel, soit 1430 km. Le protocole signé à Narbonne concerne quinze lignes, deux financées par SNCF Réseau à partir de 2023 (Brive-Rodez et Foix-Latour-de-Carol), deux par la Région (Alès-Bessèges et Montréjeau-Luchon) et onze** au financement partagé (deux tiers Région, un tiers État). L’État s’engage aux côtés de la Région Occitanie et SNCF Réseau pour garantir leur régénération et la réouverture de certains axes : il investira 257 millions d’euros d’ici à 2028. « Grâce au Plan de relance, la part de financement État est passée de 194 à 257 M€ », a précisé le Premier ministre. Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région à la mobilité et aux transports, attend « d’autres sommes dans le Contrat de Plan État-Région ». Le besoin de financement estimé pour pérenniser les petites lignes d’Occitanie atteint 1,6 milliards d’euros jusqu’en 2030 et la Région a prévu 800 millions dans son Plan Rail.
* Onze collectivités : Région Occitanie, trois Départements (Hérault, Aude et Pyrénées-Orientales, la Métropole de Montpellier, cinq communautés d’agglomération (Sète Agglopôle Méditerranée, Hérault Méditerranée, Béziers Méditerranée, Grand Narbonne, Carcassonne Agglo) et la communauté urbaine Perpignan Méditerranée.
**Le Monastier-Mende-La Bastide, Villefranche-de-Conflent - la Tour de Carol (Train Jaune), Perpignan - Villefranche-de-Conflent, Nîmes St-Césaire - Le Grau du Roi, Carcassonne-Limoux, Toulouse Empalot-Auch, Tessonnières-Rodez, Tessonnières-Capdenac, Saint-Sulpice-Mazamet, Saint-Denis-près-Martel à Lamativie et Figeac à Bagnac.










