Le secteur du voyage d'affaires fait de la résistance
Des tarmacs dépeuplés, des aéroports désertés… La crise a des effets dévastateurs sur le transport aérien. Mais au-delà des voyageurs loisirs, côté passagers business, l'heure est à la résilience en Occitanie, et même – dans une certaine mesure – à l'espoir. À la tête du voyagiste toulousain Amplitudes (CA 2021 : 50 M€, 120 salariés), José Martinez constate ainsi une nette reprise de l’activité depuis septembre dernier. « La tendance s’est accélérée en novembre avant de reculer en fin d’année. Et depuis mi-janvier, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à nous solliciter pour des vols long-courriers vers les États-Unis, l’Asie et l’Océanie, ce qui n’était plus le cas depuis 2019. » Un frémissement encore difficile à quantifier alors qu'à l'Aéroport Toulouse Blagnac (ATB), plateforme privilégiée des grandes entreprises du territoire, la clientèle affaires représente traditionnellement un tiers d'une fréquentation globale en chute libre de 67 % en 2020.
Optimisme sur le long terme
De son côté, Emmanuel Brehmer, président du directoire de l'Aéroport Montpellier Méditerranée (AMM), dresse un portrait nuancé de la situation : « Nous enregistrons un effondrement momentané de la clientèle business. Il y a un tassement du nombre de vols vers Paris et du taux de remplissage. » Mais sur le long terme, l'homme reste confiant car il « ne croit pas à l’arrêt des réunions ni des séminaires après la Covid. » L’ambition à trois ans d’AMM est de dépasser les 500 000 passagers business vers Paris. Les aéroports de proximité semblent partager cette confiance, à l'image de celui de Carcassonne, où la création d'une ligne aérienne reliant Paris, source potentielle d'attractivité pour une clientèle affaires, est actuellement à l'étude. Même état d'esprit du côté de Perpignan, où Transavia va ouvrir fin mars des vols réguliers vers Paris-Orly. « Cela ne pourra que favoriser les déplacements des chefs d’entreprise locaux », estime Laurent Gauze, président de la CCI 66.
Une aviation d'affaires ambitieuse
Mais le voyage business, c'est aussi l'aviation d'affaires. Sur cette niche de marché, l'aéroport de Toulouse Francazal fait figure d'incontournable. « En 2020, nous avions enregistré une baisse de trafic affaires de seulement 8 %, explique Sabine Monties, directrice d’exploitation. En 2021, ce trafic a bondi de 50 %, avec 230 mouvements d'avions. » Les raisons du succès ? L'ouverture d'un poste frontière et le déploiement de nouveaux services ayant favorisé la conversion de certains passagers business en voyageurs d'affaires. Toulouse Francazal, qui va se doter en 2023 d'un hangar dédié, souhaite doubler ses mouvements d'avions d'affaires dans les quatre ans. Un marché sur lequel entend également se développer l’aéroport Béziers Cap d’Agde avec la mise en service fin 2021 un terminal idoine. « L’aviation d’affaires n’est pas autant impactée que les vols commerciaux, c’est même plutôt l’inverse », se réjouit Isabelle Roumagnou, directrice. Un relais de croissance qui pourrait bien participer au repeuplement des tarmacs.
