la lettre M

Gard
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BTP / Syndicats - Fédérations - Associations
| 17/06/2021

Le patron de la fédération gardoise du bâtiment inquiet : « Nous sentons une baisse sensible des consultations pour 2022 »

« Le prix du bois a pris 30 %, l’acier 25 à 30 %... Tous les matériaux sont concernés, que ce soit le cuivre qui compte seulement deux fournisseurs dans le monde - en Australie et au Brésil -, ou encore le silicone et le polyuréthane, fabriqués par trois usines dans le monde… », alerte Pascal Lacosta, président de la FFB du Gard (900 adhérents), lors d'un point presse. Résultat : « On se retrouve avec des vols sur les chantiers. Pour les éviter, les entreprises se font livrer au jour le jour », déplore-t-il.
À cette flambée des prix des matières premières, s'ajoutent le manque de main d’œuvre et un coup de frein sur les permis de construire. Tout cela risque de conduire à un ralentissement de l'activité en 2022, prévient Pascal Lacosta alors qu' « aujourd’hui, le carnet de commandes des entreprises du bâtiment se porte assez bien. Passé une forte inertie, nous constatons un redémarrage de l’activité qui devrait se maintenir jusqu’à la fin de l’année. » Lenjeu est désormais de faire entrer de nouvelles commandes pour 2022 « et là, nous sentons une baisse sensible des consultations. »

Marchés publics et prise en charge du chômage partiel
«
Sur les marchés publics, nous demandons une ordonnance pour que les pénalités de retard infligées aux entreprises ne soient pas appliquées », précise Pascal Lacosta. « Nous souhaitons aussi revenir à une prise en charge totale, par le gouvernement, comme au premier confinement, du chômage partiel, quand cela est justifié » ajoute le président de la fédération gardoise qui explique : « Si nous sommes contraints de mettre des personnes au chômage partiel pour des raisons de pénurie de matériaux, nous ne devrions pas avoir à supporter 40 % de la masse salariale. »
La
FFB a également demandé à ce que les maîtres d’ouvrage, sur les marchés publics, basent leurs nouvelles consultations de marché sur les prix actuels, au risque, dans le cas contraire, « d’avoir des appels d’offres infructueux ». Et cela, sans compter des contraintes réglementaires où, « en raison de certains quotas européens, nous avons des bobines d’acier stockées sur des ports en France, mais qui ne pourront pas être débloquées avant plusieurs mois ! », alerte Pascal Lacosta. Ce dernier pointe également enfin le recul des permis de construire, lié notamment au « totem zéro artificialisation » dont s’emparent associations environnementales et collectivités. « Nous savons construire intelligemment », assure le président.

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net

En parallèle de ces doléances, la FFB 30 a adressé à la Région Occitanie et au Département du Gard, une série de demandes. Celles-ci portent, entre autres, sur une lutte renforcée contre les réponses à appels d’offres présentant des devis aux montants anormalement bas ; la fin de la « sous-traitance en cascade » ; la prise en compte du Bim (modélisation des informations du bâtiment) dans les appels d’offres et de la plus-value qu’elle génère ; l’aide à la formation et à la communication sur les métiers en tension ou encore l’aide à la transmission-reprise d’entreprise.

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