Le montpelliérain Keetiz planche sur deux opérations nationales
Jean-Christophe Russier, fondateur de l'application mobile de cask back Keetiz (20 salariés, siège à Montpellier, CA 2019 : 200 k€, CA 2020 : entre 2 et 3 M€) milite, depuis plusieurs jours, pour « la réouverture immédiate des commerces dits non essentiels, des bars et restaurants qui ont massivement appliqué les mesures barrières jusqu’alors et qui sont sévèrement sanctionnés aujourd’hui ». Et pour cause, son business repose sur les commerçants physiques, dont la plupart ont dû à nouveau fermer boutique dans le cadre du reconfinement. « Pour l'instant, il n'y a pas de rupture, confie-t-il à La Lettre M. Les quarante opérations de soutien aux commerçants en partenariat avec différentes collectivités dans le pays n'ont été pas été décalées car elles étaient prévues début décembre. »
City Foliz dans le flou
Seule l'opération régionale City Foliz, qui mobilise une trentaine de collectivités, de l'Ariège à l'Hérault, a été reportée du 4 novembre au 4 décembre. Et si le confinement II se prolonge ? « Les commerçants seront plus organisés d'ici là, ils auront mis en place le click and collect. Les commerces de bouche peuvent rouvrir. Il y aura sans doute de la souplesse pour les autres commerces au regard de la fronde massive », parie Jean-Christophe Russier. En clair, la campagne serait maintenue, à condition que les entreprises référencées gratuitement accélèrent leur digitalisation et que le gouvernement lâche du lest.
Solidarité nationale en faveur des librairies indépendantes
Sur le pied de guerre, au nom de la sauvegarde des petits commerces, l'entrepreneur planche sur deux projets à mener, cette fois-ci, à l'échelle nationale. Le plus abouti vise les librairies. Le principe ? Des employeurs tels que L'Oréal et ADP, qui ont manifesté leur intérêt, offrent des bons d'achat virtuels de 20 ou 50€ à leurs collaborateurs. Ces derniers les dépensent dans les boutiques référencées gratuitement. «Nous voulons créer un mouvement de solidarité autour de notre outil qui a fait ses preuves », résume l'entrepreneur, qui espère rencontrer rapidement la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, par l'intermédiaire de Patrick Vignal, député LREM héraultais et président de l'association Centre-ville en mouvement. Keetiz promet d'être opérationnel avant le 29 novembre.
Soutenir aussi les franchisés des centres commerciaux
En parallèle, la jeune société frappe à la porte de Bercy, Amazon, des grandes enseignes et foncières commerciales. Objectif : fédérer un maximum d'acteurs afin d'abonder un fonds national dans le cadre d'une opération post-confinement, sur le modèle des campagnes déjà menées localement, du Grand Narbonne à l'agglomération de Sète. À une différence près : les commerçants de centre-ville seraient rejoints par les franchisés des centres commerciaux et tous les autres commerces déstabilisés par les fermetures administratives. « Bercy mobilise beaucoup d’argent pour compenser les pertes des commerces. Ce serait plus vertueux de donner cet argent aux clients pour qu'ils viennent le dépenser dans les commerces », conclut-il.
