Le ministre des PME rencontre les patrons héraultais
Premier à se lancer, Philippe Beille, PDG de Duo Display (fabrication de stands pour les salons, 130 salariés, Lansargues), évoque auprès du ministre la complexité des codes APE : « Notre code ne nous permet pas, en théorie, de bénéficier de certaines aides débloquées par l’État durant la crise sanitaire. Les administrations nous disent prendre le risque de solliciter ces aides. Face à cette incertitude, nous envisageons un plan de sauvegarde de l’emploi qui pourrait impacter quarante personnes environ. » Alain Griset le reconnaît : « Il n’existe pas de code APE regroupant toutes les activités liées à un secteur. L’État a assez bien accompagné les entreprises et regarde aujourd’hui les trous dans la raquette. C’est vrai qu’il y en a beaucoup. »
Dématérialisation et harmonisation
Pour Samuel Hervé, président du Medef 34, c’est surtout au niveau de la dématérialisation que le bât blesse. « Nous allons lancer quelque chose sur le zéro papier d’ici à la fin de l’année. » Henri-Pierre Roche, fondateur de Biodiv-Wind (solutions pour la gestion des contraintes environnementales des parcs éoliens, Béziers), souhaite de son côté une harmonisation des exigences demandées par les différentes Dreal. Ceci afin de ne pas se retrouver en concurrence avec des entreprises présentant des produits et services de qualité inférieure. Une demande entendue par Alain Griset, « en accord avec ce besoin de cohérence ».
Plan de relance
Au-delà des problématiques de simplification, les échanges portent essentiellement sur le remboursement du PGE et le plan de relance qui doit être détaillé le 3 septembre. Si la première année, le taux de remboursement du PGE est fixé à 0,25 %, son niveau, pour les entreprises souhaitant le prolonger de cinq ans, est incertain. « L’État est en discussion avec les banques, explique Alain Griset. Nous espérons un accord courant septembre. Pour l’instant une fourchette comprise entre 1 et 3 % est évoqué, je trouve que 3 % c’est trop. » Aline Bsaibes, directrice générale d’ITK (éditeur d’outils d’aide à la gestion agronomique, 120 salariés, 10 M€ de CA, Clapiers), soulève quant à elle la question d’une participation de l’État sous fonds propres, plutôt qu’au travers d’un prêt, dans le cadre du plan de relance. « La possibilité de transformer une partie du PGE en fonds propres (obligations convertibles, actions...) sera évoqué. Cela serait opéré au niveau territorial », répond Alain Griset. Sur les 100 Md€ prévus dans le cadre du plan de relance, 3 Md€ seront dédiés à l’accompagnement des entreprises dans l’investissement, souligne le ministre.
