Le marché toulousain des bureaux reste porteur
Quel est l’état du marché local ?
Il est en souffrance à l’image de ce qui se passe au niveau national. Si une reprise semble se dessiner depuis septembre, les volumes transactés depuis le début 2020 sur le marché des bureaux sont nettement inférieurs à ceux des années précédentes. Nous avons constaté une chute de l’ordre de 50 % sur les neuf premiers mois de l’exercice. Les entreprises ont de grandes difficultés à se projeter dans l’avenir. Nous manquons par ailleurs d’offre neuve pour satisfaire la demande à venir, avec 24 500 m² de bureaux neufs aujourd’hui en stock immédiat à commercialiser et 54 000 m² seulement en productions livrables d’ici 2022, sachant que la commercialisation consomme 60 à 80 000 m² de bureaux neufs par an, en période « normale ». Concernant l’offre de seconde main, elle est loin d’être pléthorique, d’autant que certains produits sont obsolètes.
Comment jugez-vous les perspectives du marché local ? Est-il attractif pour les investisseurs ?
L’appétence des investisseurs pour la métropole toulousaine ne se dément pas. Leur intérêt se situe toujours au même niveau que pour d’autres métropoles telles que Lyon ou Bordeaux qui sont également très attractives à leurs yeux. Cependant, face à l’incertitude des volumes captés, faute de visibilité sanitaire et économique pour les entreprises qui ont du mal à se positionner aujourd’hui, les investisseurs sont vigilants et ne souhaitent pas s’engager en « blanc ». Mais j’estime que nous traverserons cette mauvaise période parce que notre métropole est attractive et que notre tissu économique est ancré, diversifié et solide. Le marché tertiaire toulousain est établi, sain et dynamique.
Quelles sont actuellement les attentes des entreprises en matière d’immobilier tertiaire ?
Les fondamentaux restent les mêmes : les entreprises veulent d’abord des locaux fonctionnels, confortables, sains, économes en énergie, faciles d’accès et bien placés. Et elles privilégient le neuf. Les bases du marché évoluent donc peu, l’emplacement et le prix restent les principaux critères de décision. Il faut noter à ce niveau-là que Toulouse présente l’avantage de pratiquer des valeurs locatives basses par rapport aux autres métropoles : 145 à 160 € HT/m²/an pour les bureaux neufs, 100 à 140 € HT/m²/an pour le seconde main (hors centre-ville).
Quels sont les secteurs géographiques porteurs ?
Le centre-ville de Toulouse, la zone aéroportuaire à Blagnac, le nord-ouest de la métropole ainsi que Labège Enova et le secteur de Basso-Cambo sont les zones historiques les plus prisées. De nouveaux secteurs ont émergé plus récemment à l’image de Borderouge et de la Cartoucherie avec le développement de plusieurs programmes neufs qui ont remporté un vif succès. Avec le positionnement géographique et économique de Toulouse Aerospace, je suis certaine du succès des nouvelles opérations tertiaires programmées. Nous sommes également très enthousiastes au sujet du réaménagement du quartier Matabiau avec là aussi plusieurs milliers de m2 de bureaux qui, à terme, verront le jour.
