Le coronavirus fragilise aussi les entreprises
Tandis que le coronavirus poursuit sa progression en France (premier cas avéré en Occitanie, à Montpellier, le 27 février), les entreprises de la région estiment son impact sur leur activité. « Depuis le début de l’année, deux à trois fois moins de bouteilles ont été conditionnées pour le marché chinois, indique Vianney Castan, négociant-producteur en vin, à la tête de Joseph Castan Fine Wine (10 M€ de CA, 34), pour qui la Chine représente 20 à 30 % du chiffre d’affaires annuel. Chez Omicron (Claret, 34), spécialisée dans la production et le développement de produits électroniques et informatiques, « des approvisionnements en double source depuis l’Europe ont été mis en place dès l’apparition du virus, explique Léonce Jean, DG. Malheureusement, ces fournisseurs européens n’ont pas une capacité d’absorption suffisante et annoncent des délais importants. De plus, ils sont eux aussi dépendants de matériel venu d’Asie ».
Hasard du calendrier, l’épidémie de coronavirus a coïncidé avec le Nouvel an chinois (du 25 au 8 février), qui se traduit chaque année pendant 15 jours par un fort ralentissement de l’activité en Chine. « Nous avions anticipé cette période et des stocks avaient été constitués en décembre mais la trésorerie est tendue, signale Guillaume Pille, dirigeant d’Orosys (matériel musical, 34). Du côté du secteur aéronautique, après les avoir suspendues quelques jours, Airbus a relancé le 11 février les activités de son site de Tianjin en Chine.
Désormais, « notre principale inquiétude est d’être touchés directement par le virus et devoir subir quatorze jours ou plus de fermeture forcée », poursuit le DG d’Omicron. À Toulouse, même si les répercussions du coronavirus sur l’activité de l’enseigne Centrakor (équipement de la maison, 90 % des références produites en Chine) étaient « très faibles » fin février, l’inconnue réside dans l’évolution de la situation : « En cas de propagation du virus au niveau européen et en fonction de la réaction des populations, notre secteur serait directement affecté, avec une baisse de fréquentation des commerces », confie le groupe.
Les aéroports d’Occitanie, Toulouse-Blagnac en tête, pourraient aussi être impactés, même si pour l’heure, la plateforme toulousaine n’enregistre « pas de conséquence ». De son côté, le groupe toulousain Actia, fabricant de systèmes embarqués électroniques (3 800 salariés, 520 M€ de CA), estime que les semaines à venir seront « cruciales », justifiant ainsi un absence d’« annonce prématurée d’objectifs d’évolution de ses résultats pour 2020. »
Le 28 février, des mesures d’accompagnement ont été annoncées par le ministre de l’Économie, considérant le virus comme « un cas de force majeure » pour les entreprises : financement du chômage partiel, étalement de créances, appui au traitement d’un conflit avec des clients ou fournisseurs…
