L'aviation légère « verte », un enjeu stratégique pour l'Occitanie
Organisée à la fois en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine du 13 au 16 septembre, la Semaine de la mobilité aérienne, légère, verte et durable a fait le plein, avec plus de 480 visiteurs et 850 rendez-vous BtoB pré-programmés faisant intervenir quelque 140 entreprises. L'occasion pour La Lettre M de faire le point sur les grands enjeux du secteur avec Philippe Walter, délégué régional Occitanie du pôle de compétitivité Aerospace Valley, qui regroupe 825 acteurs de l’aéronautique, du spatial, des drones et des systèmes embarqués. « La décarbonation touche tous les segments de l'aviation, y compris les avions les plus légers, explique-t-il. Et les industriels ont bien compris qu'il était à la fois plus facile, plus rapide et moins coûteux de tester de nouvelles technologies sur les appareils de plus petite taille que sur des Airbus. » C'est en partant de ce constat qu'a été lancé un appel à manifestation d'intérêt - à l'initiative de la Région Occitanie, en partenariat avec le pôle de compétitivité Aerospace Valley – dont les lauréats viennent d'être dévoilés.
Toulouse en première ligne
« La Semaine de la mobilité aérienne, légère, verte et durable a été l'occasion de rassembler physiquement les différents acteurs engagés dans cette démarche, se réjouit Philippe Walter. Cela a également permis d'apporter des éclairages techniques et scientifiques, tout en impliquant le monde étudiant et les usagers. » Au sein de cette « communauté » gravite un certain nombre d'acteurs qui étaient engagés il y a quelques années dans le projet d'avion à propultion électrique E-fan, développé par Airbus avant d'être annulé en 2017. Autre constat : les avionneurs en devenir, à l'image d'Aura Aéro, Ascendance Flight Technologies ou encore Beyond Aerospace, se concentrent physiquement du côté de la base de Toulouse-Francazal. « Cet écosystème est un outil et une opportunité formidable pour le secteur, estime Philippe Walter. La Métropole de Toulouse veut d'ailleurs en faire une véritable Silicon Valley de l'aviation légère, en complémentarité avec le campus hydrogène de la Région Occitanie. Sur un site unique, les synergies seront évidentes. A Toulouse, l'effet de masse, de cluster, permet de bénéficier des compétences des formations académiques, les laboratoires de recherche, des PME, etc. C'est une chance ! » Autre facteur porteur : le contexte de crise qui, paradoxalement, peut être perçu comme une opportunité d'un point de vue technologique. « Le secteur de l'aviation vit actuellement une rupture historique, analyse le délégué régional Occitanie d'Aerospace Valley. C'est l'occasion pour des pionniers de démarrer une nouvelle aventure. » Sous le regard bienveillant d'Airbus et des grands équipementiers aéronautiques, qui ont bien compris tout le potentiel et l'intérêt stratégique de ces nouvelles technologies propulsives.
