L’appel d’Alain Rousseau (préfecture de l’Hérault) aux élus
Ce vendredi 26 mars, Alain Rousseau, secrétaire général de la préfecture de l’Hérault, a adressé trois messages à l’attention des élus départementaux et régionaux, en conclusion de la rencontre « Métropole en réseau » organisée par la Région L.-R.
« En matière d’intercommunalités, il y a un dimensionnement à trouver. Celui qui existe actuellement n’est pas idéal. Il n’est pas encore pertinent. Ça ne veut pas dire qu’il faut créer une immense intercommunalité dans cet espace qui va d’Alès à Sète. Ça peut passer par des coopérations renforcées. Pour la structuration du territoire, il y a toute une boîte à outil. Actuellement, il y a encore trop de cloisonnements. Je ne dirai même pas qu'il y a trop de concurrence entre les territoires. Il y a surtout trop d’indifférence. Je suis très frappé par le fait que Montpellier ne parle pas à Nîmes, ou alors ça a dû m’échapper. Montpellier ne parle pas non plus à Béziers, peu à Sète. Ces territoires ont pourtant à travailler ensemble, ça a été dit 100 fois. Montpellier ne doit pas être dans un statut d’extraterritorialité avec un hinterland qui ne lui parle pas. Au contraire, Montpellier doit trouver sa force dans son environnement immédiat. Le travail reste devant nous.
Deuxième point : la croissance démographique est certes un atout, mais aussi une menace, si l’on y prend pas garde. Elle pose des enjeux considérables en termes de logements, de foncier, pour la consommation des espaces agricoles, pour les atteintes à l’environnement et au paysage. On est sur des mécanismes d’artificialisation des espaces très dangereux à terme. Un des atouts de cette région, c’est sa beauté et ses paysages préservés. Si l’on ne mesure pas les impacts négatifs d’un urbanisme non maîtrisé, on scie la branche sur laquelle on est assis. L’agglo de Montpellier a fait un travail considérable en pensée urbanistique, pour densifier l’espace. Ce n’est pas le cas autour, pas suffisamment en tout cas, en particulier dans l’espace entre Nîmes et Montpellier. Dans cet espace, l’urbanisme se fait encore de manière trop spontanée.
J’en appelle enfin à la définition d'un certain nombre de sujets sur lesquels on s’accorde dans une sorte de trêve. Sur ces sujets d'importance, dès lors qu’on a pris un parti, on le tient tous, et il ne doit pas y avoir l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre les acteurs. C’est un élément essentiel de crédibilité du territoire à l'extérieur : vis-à-vis des administrations centrales de l’Etat, des grands groupes, de l’Europe. Si on veut être entendus, c’est important de dire tous la même chose. Sur certains dossiers, la cohésion territoriale, le sentiment que l'on donne que tout le monde tire dans le même sens, est une force qui peut faire la différence. »










