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| | 25/09/2013

« L’agence sera une force de proposition vigilante, sur les réserves d’eau »

Laurent Bergeot, Directeur général de l’Agence de l’eau Adour-Garonne

CHAPO Le nouveau directeur général de l’Agence de l’eau Adour-Garonne, nommé fin mai et qui arrive de la Dreal Midi-Pyrénées, a livré à MPS ses premières impressions, et le travail qui s’annonce.

Quel bilan estival peut-on faire, pour le bassin Adour-Garonne ?
Il est évident que l’épisode récurrent de sécheresse estivale a été moins prégnant cette année. Les pluies du printemps et celles récentes ont en fait modéré les tensions. Malgré tout, certaines situations tendues ont subsisté, comme en Aveyron et dans le Lot-et-Garonne. Mais ce qui nous a préoccupés, a bien entendu été les suites données aux inondations. Le conseil d’administration a débloqué d’urgence 10 M€, pour effectuer les travaux de dégagements et de remise en état de l’assainissement. Nous nous sommes insérés dans les dispositifs d’urgence, en mettant aussi à disposition nos compétences humaines. Le diagnostic post-crue doit être réalisé rapidement, sous la coordination de la Dreal.

Les nouvelles retenues d’eau sont prioritaires. Pourtant les difficultés persistent, comme le souligne l’exemple de Sivens. Que faire ?
En tant qu’Agence de l’eau, nous ne pouvons émettre que des souhaits, à partir des diagnostics déjà réalisés. Les réserves alternatives (barrages, retenues, réservoirs, etc. NDLR) ne sont pas neutres et leurs impacts doivent être bien mesurés. Sur le projet de Sivens (Tarn et Tarn-et-Garonne), un avis national a été rendu, mais c’est au préfet de bassin de décider. D’autres projets sont en cours d’étude (dans le Gers, les Hautes-Pyrénées, l’Ariège). Tous les scénarios prévoient de fortes tensions sur la disponibilité, et si nous voulons maintenir des équilibres il faudra agir. Actuellement, 80 % de la gestion des étiages sur le bassin se réalisent via des lâchers issus des retenues hydroélectriques. Nous serons une force de proposition vigilante sur le sujet. Parallèlement, les économies d’eau sont un autre levier que nous allons pousser.

L’ouverture probable du marché hydroélectrique va-t-il encore compliquer votre travail ?
Rien n’est encore décidé et il nous reste à voir le cahier des charges. Mais certains instruments, comme la note GEDRE de l’Etat,
permet de bien définir les articulations entre acteurs. Je pourrais éventuellement être amené à les rencontrer. Qu’ils soient sur le terrain, à expliquer leur démarche et leur ancrage, me paraît légitime*. L’organisation très décentralisée de l’Agence, avec les comités territoriaux et les contrats territoriaux que nous renforçons, nous permet d’être au contact du terrain.

Le bon état des eaux sera scruté en 2015 (60 % à atteindre), avec un bilan détaillé. Où en est-on ?
Mesurer l’état exact des masses d’eau est un exercice très complexe. Nous entamons de nouvelles études. Notre principe premier, à l’Agence, doit être la mesure du coût/efficacité de nos actions. Et il faut garder à l‘esprit que la mobilisation collective paye. L’exemple du dossier de l’assainissement est intéressant. Nous poursuivons maintenant le sujet, sur l’assainissement non collectif. Nous avons aussi à développer la dimension de solidarité urbain / rural.

Comment ont réagi les agriculteurs, par rapport à l’augmentation de leur redevance (de 2,7 à 7,5 %) ?
Il y a un toujours un dialogue attentif avec les acteurs, et donc avec les contributeurs. L’utilisation de l’eau n’est pas anonyme, l’étude des usages et la mesure des services rendus doit nous guider. Les principes, quant à eux, restent les mêmes : l’eau paye l’eau et pollueur-payeur.
Propos recueillis par Aurélien Tardiveau

ENCADRE
Le 10e programme de l’Agence en chiffres
1,9 Md€ sont disponibles, dont 1,4 Md€ déjà fléchés, entre 2013 et 2018 :
- 590 M€ pour l’assainissement domestique
- 240 M€ pour l’alimentation en eau potable (+ 40 %)
- 180 M€ pour la préservation des milieux aquatiques, et la prévention des inondations (+ 75 %)
- 121 M€ pour la lutte contre les pollutions industrielles et artisanales
- 105 M€ pour la gestion quantitative et les économies d’eau (+ 70 %)
- 90 M€ pour la lutte contre les pollutions agricoles
- 83 M€ pour la R&D et l’innovation (+ 80 %)
- 18 M€ pour la coopération internationale
- 17 M€ pour la planification et la gestion territoriale

Note : * En vallée de la Truyère, en Aveyron, les concessions, gérées par EDF, pourraient être
les 1eres renouvelées ; des groupes finlandais (Fortum) ou norvégien (Statkraft) manifestent actuellement leur intérêt. (NDLR)

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