L’aéroport dans le flou
L’information, émanant de sources de presse, n’est pas officialisée, mais elle fait réagir : l’État aurait renoncé à céder les 10,01 % d’actions qu’il détient au capital de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB). Une opération qui aurait permis au consortium chinois Casil Europe, qui détient 49,99 % du capital et disposait d’une option d’achat à compter d’avril 2018, de devenir actionnaire majoritaire. Cette privatisation manquée serait selon Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole (actionnaire à 5 %), « une bonne nouvelle, qui va dans le sens de l’intérêt général ». Un avis partagé par Georges Méric, président du CD 31 (5 %) : « Nous réaffirmons l'impérieuse nécessité de conserver un actionnariat public de long terme majoritaire au sein d'ATB, afin de garder la maîtrise d'un équipement stratégique. » Côté Région (5 %), la présidente Carole Delga n’a pas encore réagi. « Elle se félicite de cette décision mais attend une confirmation officielle », nous indique-t-on. Une prudence partagée par Philippe Robardey, président de la CCI de Toulouse (25 %) qui, interrogé par La Lettre M, rappelle que « c’est à l’État de faire connaître sa décision ». Des questions restent en suspens : si cette privatisation avortée se confirmait, quel serait l’avenir du pacte d’actionnaires actuel ? Et quelle décision prendrait Casil Europe, qui avait acheté ses parts 308 M€ en 2015 dans l’optique de devenir, à terme, seul maître à bord ?
