La Safer lance Vigifriche pour revaloriser le foncier agricole délaissé
Après plusieurs mois de tests, la Safer Occitanie lance Vigifriche, une application numérique qui va permettre de réaliser un inventaire et une cartographie des friches agricoles sur le territoire régional. « À ce jour, l’application compte près de 150 utilisateurs – personnel et élus de la Safer, une cinquantaine de collectivités…- qui alimentent une base de données commune », explique Isabelle Botrel, directrice Territoires Aménagement et Environnement. « L’objectif de ce recensement est de pouvoir à terme revaloriser ces espaces délaissés, sujets à cabanisation parfois, capables pourtant de répondre aux enjeux alimentaires mais aujourd'hui propices aux départs de feu et causes de dégradation du paysage », poursuit la directrice. En milieu urbain et périurbain, « les friches sont très souvent spéculatives, insiste-t-elle, d’où la cabanisation et dès lors un potentiel agricole à valoriser en moins car inaccessible financièrement aux agriculteurs. »
Inventaire et mise à jour
L'utilisation de l'application a été voulue simple : en ouvrant Vigifriche sur son smartphone, l’utilisateur, géolocalisé sur une carte, va pouvoir taguer la parcelle qu'il souhaite signaler en y incluant un commentaire, une photo... Chaque contributeur de Vigifriche devient membre de la Communauté régionale des friches agricoles d’Occitanie (CRéFAO). La Région, les treize directions départementales des Territoires, la Draaf, les chambres d'agriculture, la Safer (animateur)... font partie de la gouvernance. « S’il est très difficile de dire combien il y a de friches – je me garderai bien de donner un chiffre – cela l’est encore plus de tenir à jour cet état des lieux, signale Isabelle Botrel. Aujourd'hui, on avance des chiffres par le biais d'extrapolations approximatives et souvent surestimées… Avec Vigifriche, nous allons pouvoir mettre à jour ces données terrain grâce à l'ensemble des contributeurs ».
Revaloriser à temps
En termes de typologie, une friche peut être haute, basse, récente ou ancienne, elle est signalée herbacée ou herbacée avec présence de ligneux, ou même arbusive, voire pire, arborée… Selon sa durée d’existence, elle sera plus ou moins difficile et coûteuse à réhabiliter. « Une fois que l’inventaire aura pris du volume, il sera autant de clignotants, pour les collectivités par exemple, de l’urgence d’agir. » Pour l’instant, 1 300 hectares de friches ont été saisis dans Vigifriche. « Nous en sommes au tout début et la situation actuelle du confinement ne nous a pas aidés… », relativise la directrice.
