La renaissance de Snam en Aveyron
Demandez-lui de résumer son projet Phénix et Éric Nottez vous répondra, en souriant : « On a pris tout ce que l’on pouvait dans les poubelles de l’Europe et regardé ce qui permettait de fabriquer des batteries neuves ! » Président de l’entreprise aveyronnaise de collecte et recyclage de batteries Snam (104 salariés, 13 M€ de CA, 500 k€ de résultat net), il porte depuis 2012 un projet de recherche qui entre en phase de développement industriel. Chiffré à 26 M€ et devant permettre près de 640 embauches sur six ans (dont 10 cette année), Phénix est né d’un constat : « Le traitement des batteries coûte de plus en plus cher et, au final, plus de la moitié des matériaux ne peuvent pas être réutilisés. Donc il nous faut créer de la valeur nouvelle », explique Éric Nottez. Le marché automobile, sur lequel Snam s’est positionnée dès 2008 en contractualisant avec la quasi totalité des constructeurs, ne cesse de progresser : « Sur les 6 000 tonnes de batteries collectées l’an dernier, 400 tonnes étaient des batteries automobiles. Ce marché est encore en émergence mais la transition énergétique est lancée partout en Europe et les perspectives de vente de véhicules électriques sont exponentielles », analyse le président.
Premières livraisons en 2019. Au terme de quatre ans de R&D, en partenariat avec le CEA, Snam est parvenue à fabriquer ses preuves de concept : des batteries lithium-ion neuves issues à 80 % de composants recyclés. Prochaines étapes : la qualification d’un millier de batteries cette année, puis les premières livraisons, a priori en 2019. Si un atelier de 500 m2 a déjà été créé à Viviez*, l’entreprise recherche un nouveau terrain, dans un rayon de 5 km, pour développer cette activité. « À terme, nous aurons besoin de 40 000 m2 couverts », précise Éric Nottez, qui chiffre le coût total de son projet à « 26 M€ voire un peu plus ». Pour financer Phénix, « nos actionnaires* vont procéder à des augmentations de capital et un pool bancaire accompagnera l’opération, dont le montage sera officialisé en milieu d’année », détaille le dirigeant. Et de conclure : « Quand on pense que Snam est née d’une industrie (l’affinage de métaux, NDLR) qui a perdu 85 % de valeur sur son panier moyen, on peut dire que l’on revient des enfers… »
* Créée en 1977 à Lyon, Snam est filiale du groupe belge Floridienne (chimie, métaux spéciaux, biotechnologie…). Elle est implantée à Viviez, son siège, en Aveyron (70 % de l’effectif), et Saint-Quentin-Fallavier, en Isère.
