la lettre M

Gers
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Agri - Agro
| 20/09/2021

La maison d'armagnac Delord Frères investit 1,5 M€ pour renouer avec ses origines

« Chez nous, ce n’est pas le Covid qu’on retiendra de l’année 2020 mais la Saint-Prosper ! » Derrière cette boutade de Jérôme Delord, un événement marquant dans l’histoire de cette maison d’armagnac gersoise : la signature, le 25 juin 2020, du rachat de la propriété de son arrière-grand-père, Prosper Delord, distillateur ambulant et maître de chai, par qui tout a commencé en 1893. Situé à Lannepax, le domaine de Galaubas a été exploité par Prosper Delord, puis ses fils Gaston et Georges jusqu’au décès de ce dernier, en 1967. « Les biens ont alors été partagés dans la famille et l’activité armagnac s’est poursuivie à 2 km de là, avec notre père, Jacques, et notre oncle, Pierre, aux manettes », raconte à La Lettre M Jérôme Delord, qui dirige l’entreprise depuis 2001 avec son frère Sylvain.

De nombreux projets
Sur l'exercice 2020-2021 (clôturé fin avril), le chiffre d'affaires de la société dépasse 4,5 M€. De bons résultats qui lui permettent de programmer de nouveaux investissements sur le domaine de Galaubas, racheté l’an dernier pour près d’1 M€. « Nous avons déjà rénové un chai, où de premières barriques ont été remplies et stockées cet été. Un deuxième chai sera lui aussi rénové et dédié à notre futur armagnac bio », explique le dirigeant. Car si la majorité des 70 ha du domaine est consacrée à la culture de céréales bio, 5 ha de vignes sont également certifiées bio, ce qui ouvre de nouvelles possibilités à la marque Delord Frères. « Nous avons planté cette année quelques pieds de baco bio à Galaubas pour que de premiers armagnacs bio puissent voir le jour en 2022 ou 2023 », annonce Jérôme Delord. Autre projet : rénover les trois niveaux de la bâtisse principale pour y aménager cuisine, chambres, salles de réception et de dégustation, etc. « Cet endroit sera la vitrine de tout ce qui a été développé depuis quatre générations », conclut Jérôme Delord, qui évoque une enveloppe globale de 1,5 M€.

Aline Gandy / gandy@lalettrem.net

Fidèles à la tradition familiale, les deux frères ont étendu le vignoble (passé de 10 à 45 ha en vingt ans) et développé l’activité de production d’armagnac en France mais aussi à l’international, qui représente aujourd’hui 70 % du chiffre d’affaires et 80 % des volumes commercialisés. « Pour la première fois depuis dix ans, le chiffre d’affaires aux États-Unis va égaler celui réalisé en Russie », se félicite Jérôme Delord. En cause : une demande très forte enregistrée outre-Atlantique avant l’entrée en vigueur, début 2021, de la taxe Trump sur les exportations d’armagnac français. Bien que cette taxe ait été suspendue trois mois plus tard, « l’appel d’air a été phénoménal sur le marché américain où nous étions déjà bien positionnés », se souvient le dirigeant de Delord Frères.

Le domaine de Galaubas. / © Delord Frères

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