la lettre M

Hérault
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Industrie
| 15/06/2020

La levée de fonds d'Eliis reportée en faveur d'un investissement organique

« Nous avons décidé de décaler de plusieurs mois l’arrivée d’un investisseur dans notre capital », annonce Sébastien Lacaze à La Lettre M. Le dirigeant de l’entreprise Eliis (logiciel de traitement de l’image appliqué à la géophysique, Clapiers) achevait en effet au démarrage du confinement une levée de plusieurs millions d’euros. « En suivant de très près l’impact de la crise sur l’industrie pétrolière et en constatant, forcément, une certaine tension chez les fonds, j’ai décidé de remettre à plat notre business plan. Nous restons en contact bien sûr mais les conditions ne sont plus, à ce jour, réunies pour une levée. »

Investissement organique
Pour autant, Eliis continue d’avancer et son dirigeant annonce un investissement organique : « Je dispose d’une capacité d’investissement d’1 M€ en 2020 et 1,5 M€ en 2021 », note le dirigeant. L’objectif d’Eliis est toujours de continuer son développement à l’international - le Moyen-Orient notamment où ils ne sont pas présents pour le moment mais aussi l’Indonésie où il y a beaucoup de géothermie -, et de prendre le leadership de l’interprétation sismique. « Nous souhaitons aussi plus que jamais participer à la transition énergétique, même si le marché des énergies renouvelables est encore très faible par rapport à celui des énergies fossiles », poursuit Sébastien Lacaze. Eliis a d’ailleurs récemment rejoint le cluster Avenia, spécialisé dans les industries du sous-sol, en particulier des non hydrocarbures (siège à Pau).

Compagnies pétrolières étatiques
En termes de chiffre d’affaires (près de 6 M€ en 2019), Sébastien Lacaze prévoit une croissance de 10 % maximum (contre 30 % en moyenne sur les dernières années). « Nous avons su montrer notre résilience durant la crise, nous apportons une technologie qui permet de travailler de manière plus efficace et plus « propre ». Nous serons moins impactés qu’une société de services. » L’objectif d’Eliis est d’ailleurs de passer de 35 à 45 salariés d’ici à trois ans. « Nous sommes en train de signer des partenariats stratégiques, avec des compagnies pétrolières étatiques », poursuit le dirigeant, citant Petrobras au Brésil mais aussi la Colombie, la Malaisie. « Les compagnies pétrolières privées sont à l’arrêt, ce sont ces contrats avec les compagnies étatiques qui nous sauvent. Ils représenteront en 2020 la moitié de notre chiffre d’affaires. Notre technologie permet d’intervenir dans les sous-sols de manière plus intelligente or ces compagnies étatiques sont elles-aussi impactées par la crise et à la recherche des bonnes technologies », ajoute Sébastien Lacaze.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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