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Languedoc-Roussillon
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Immobilier
| 10/02/2014

La Fnaim L.-R. fustige la hausse de la fiscalité locale

Les dirigeants de la Fnaim (agents immobiliers) ont violemment attaqué les hausses de fiscalité locale survenues depuis 2002, lundi lors d’un point presse. « Le gouvernement nous a fait porter la responsabilité de l’augmentation de loyers, a déclaré Christophe Jay (à droite sur la photo), président de la Fnaim L.-R. jusqu’au 15 février. Or, les loyers ont augmenté de 26 % en 10 ans, soit une hausse de 2,6 % par an, alors que les prix ont explosé de 67,1 %, les taxes d’habitation de 58,6 % et les taxes foncières de 54,6 %*. La fiscalité locale directe a augmenté deux fois plus vite que les loyers et l’inflation. Ceux-là même qui nous accusent d’augmenter les loyers, augmentent le plus les taxes. Arrêtons de se focaliser sur les loyers, qui ne sont que le reflet de ce qu’un acquéreur est en droit de retirer d’un investissement foncier. Il n’y a pas eu d’envolée du prix des loyers. »
Le catalan Alexis Mélidonis, qui succède à Christophe Jay à la présidence de la Fnaim L.-R., enchaîne : « une surtaxe de l’immobilier n’est pas bon. On en est à trois mois et demi de charges fixes. C’est de nature à décourager les investisseurs, et explique la baisse d’attrait dont est victime le neuf. »
« L’investisseur locatif est détourné, renchérit Bruno Cassin (Fnaim Hérault). La taxe foncière pèse parfois jusqu’à deux mois de loyer. Certains biens deviennent très difficiles à revendre, car les acquéreurs savent que la taxe foncière ne baissera jamais, qu’elle ne peut qu’augmenter ! »

100 fermetures d’agences en 2013 dans l’Hérault

Avec une baisse des transactions de 7,6 % en L.-R. en 2013 (36 036 ventes, au lieu de 44 314 en 2011 et 39 048 en 2012), le volume d’activité « se contracte, ce qui fait moins de chiffre d’affaires, moins de taxes dans les caisses des Départements. Une centaine d’agences dans l’Hérault ont fermé en 2013, sur environ 700 (300 étant affiliées à la Fnaim) ». Bruno Cassin ne comprend pas la hausse de la taxe par les conseils généraux (+ 0,7 %). Pour une acquisition de 300 K€, la part départementale passe de 11 400€ à 13 500€, soit un surcoût de 2 100 €. « Ce n’est pas la meilleure manière de voir les choses. En augmentant la taxe, le coût de l’acquisition va se renchérir, et donc il y aura encore moins de ventes… et donc la taxe va être encore alourdie ? Il faut faire tout le contraire, et fluidifier le marché, en permettant de pouvoir revendre plus facilement. On n’a plus cette fluidité, le marché s’est grippé, ça nous inquiète. » « Nous aurions souhaité que cette augmentation ne s’applique pas pour les primo accédants, déclare Alexis Mélidonis. C’est une erreur de surtaxer pour eux. C’est une décision à très court terme, qui impacte les projets des ménages engagés dans des projets d’acquisition, lesquels ne peuvent pas être annulés. »
Pour 2014, la Fnaim relève plusieurs champs d’incertitudes, à même de provoquer l’attentisme des acquéreurs : économiques (croissance, chômage), psychologiques (moral des ménages, confiance), financières (taux d’intérêt, solvabilité des accédants à la propriété), juridiques (projet de loi ALUR) et fiscales. « Des jeunes qui ont du travail ne peuvent plus acheter leur premier appartement, et ça c’est dramatique, conclut Bruno Cassin. Les investisseurs se détournent de la pierre, ne trouvant plus leur intérêt dans la loi Duflot. D’où baisse du volume en L.-R., où l’attentisme est très fort, avec beaucoup d’incertitudes. »

* Source : Insee, DGCL et Compte de Logement, calcul Fnaim.

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