la lettre M

Pyrénées-Orientales
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Tourisme - Loisirs
| 7/10/2021

La chambre régionale des comptes étrille la gestion du festival Electrobeach (Barcarès)

La chambre régionale des comptes Occitanie vient de rendre public son - sévère - rapport d’observations définitives sur la gestion d’Event Made in France (EMF, société d’économie mixte), qui organise le festival Electrobeach, chaque année au Barcarès (exception faite de 2020 et 2021 en raison du Covid). Au fil du temps, Electrobeach s'est imposé comme l'un des plus grands évènements de musiques électroniques du sud de la France en accueillant plus de 150 000 personnes sur trois jours. La CRC dénonce une sous-capitalisation de la société. « Sous-capitalisée avec 135 000 €, la sem a comme actionnaire majoritaire la commune du Barcarès avec plus de 74 % du capital. La commune supporte, malgré la présence de six actionnaires privés issus du secteur de l’évènementiel ou de la promotion des spectacles, un risque quasi exclusif en cas de difficulté financière », pointe la juridiction dans sa note de synthèse. Ces actionnaires privés ont par ailleurs « bénéficié de contrats passés par la sem avec leurs sociétés respectives », précise le rapport.

Plus de 1,2 M€ de pertes
Selon la juridiction, le chiffre d’affaires global de la sem a « progressé jusqu’en 2018 grâce aux commissions élevées sur les stands et aux recettes de la billetterie « entreprises » ». Pour autant, elle enregistre « des pertes successives de 1,2 M€ entre 2016 et 2018 qui ont asséché les capitaux propres et fragilisé la structure financière » même si elle a bénéficié de « l’apport en compte courant de 1 M€ en 2018 » par la commune. Cet apport est jugé irrégulier et doit faire l'objet d'une régularisation, selon la juridiction.

Des irrégularités
La juridiction s’étonne par ailleurs de la qualité de l’information financière et comptable, de la variation du niveau des commissions des stands (5 % pour l’un et 23 % pour d’autres), de l'absence de traçabilité des stocks (bracelets, goodies) ou encore des irrégularités dans la passation de certains marchés publics. « L'absence de contrôles sur le fonctionnement de la société à l'origine du détournement de 625 k€ par l'ancien directeur est potentiellement constitutif de fautes de gestions imputables aux dirigeants légaux de la sem civilement responsables », pointe le rapport.

Une vente compromise
Le rapport conclut sur une possible cession du festival à un opérateur privé pour rétablir la situation. Mais les difficultés et obstacles juridiques à cette vente (valorisation : 4,56 M€) sont nombreux selon la chambre régionale. « Dans cette hypothèse, la cession permettrait surtout de redistribuer aux six actionnaires privés, possédant seulement 25,92 % du capital, un montant de 1,182 M€, à rapprocher de leur investissement d’un montant global de 35 k€ », dénonce le rapport. Event Made In France « ne pourrait en aucun cas décider ni bénéficier de la cession d'un festival dont l'organisation lui est simplement confiée par la ville. »

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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