Kios veut transformer les avions de ligne en bombardiers d'eau
« Entre 10 et 12 M€ » : c'est l'enveloppe que les partenaires du projet Kios veulent rassembler afin de passer à l'étape supérieure. Visant à développer le premier avion bombardier d'eau européen, ce projet est né de la collaboration entre Dominique Legendre, professeur d'université à Toulouse INP – Institut de mécanique des fluides de Toulouse (IMFT), et David Joubert, pilote de ligne dans une grande compagnie aérienne nationale et président de la société parisienne Kepplair Evolution. En collaboration étroite avec Toulouse Tech Transfer (TTT), l'équipe a développé un système innovant, répondant aux contraintes aérodynamiques d'un largage à haute altitude, à l'aide d'un réservoir semi-pressurisé à débit constant. Un prototype a été développé à l'échelle 1/3 et un brevet a été déposé en 2019. Des tests sont actuellement en cours afin de préparer le passage à l'échelle réelle (100 k€ d'investissement). Aujourd'hui, les différentes parties prenantes du projet multiplient les discussions avec des industriels, principalement basés dans la région Occitanie, afin de concrétiser leur initiative.
Un appel à projets H2020 en vue
« Nous allons répondre à un appel à projets H2020 en septembre, qui cible justement cette problématique, annonce Dominique Legendre. Si cela fonctionnait, nous pourrions lancer des travaux dès mi-2021, pour une durée d'un an. Mais pour qu'un avion de ce genre soit économiquement viable, il faut qu'il puisse être utilisé hors de la saison des incendies. C'est la raison pour laquelle nous développons des systèmes lui permettant de mener également des missions de rapatriement sanitaire et de fret. » L'homme croit dur comme fer dans la pertinence de sa technologie. « Aujourd'hui, pour lutter contre les incendies, les gouvernements européens déploient souvent des moyens de type Canadair, explique-t-il. Ce n'est pas le cas aux États-Unis, où des bombardiers d'eau sont mobilisés. Ces avions permettent de transporter beaucoup plus d'eau. »
