la lettre M

Languedoc-Roussillon
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Immobilier
| 22/09/2020

Immobilier : ventes et prix en hausse, jusqu’à quand ?

La pierre, une valeur refuge ? Pour le moment... En dépit de la hausse actuelle des ventes de logements et des prix dans l’immobilier, les notaires préfèrent se montrer prudents pour l’avenir. « Pour emprunter, une stabilité financière est nécessaire et les répercussions de la crise économique, notamment le risque d’une vague de licenciements, pourraient freiner les emprunts », observe Me Pierre Devine, président de la chambre des notaires du Gard (180 notaires). « La Covid n’a pas créé de rupture, constate Arthur Bories, notaire à Villeneuve-Lès-Béziers. Cette stabilité n’est pas mal venue car les professionnels vont être soumis à plus de chômage, les banques vont se crisper… Cela fait déjà beaucoup d’éléments déstabilisateurs ». Sans redouter encore l’impact d’une remontée des taux d’emprunt – « certaines banques ont légèrement relevé leur taux mais ils restent très corrects » - Me Devine note toutefois que les établissements bancaires tendent à exiger plus fréquemment, pour des demandes de prêt, un apport financier. « Avant, il était possible d’emprunter à 100, voire à 120 %, soit le prix d’acquisition et les frais ». Très sollicitées ces derniers temps, « les banques risquent aussi d’être plus enclines à répondre rapidement aux demandes des sociétés, dont les prêts sont garantis par l’État, plutôt qu’aux particuliers. »

Hausse des prix
Une certitude toutefois, la crise sanitaire n’a, pour le moment, pas freiné les transactions. Bien au contraire. Selon une étude de la chambre des notaires de l’Hérault, « sur la période (du 1er avril 2019 au 31 mars 2020, NDLR) les volumes de vente sont en hausse de 2 %, tous biens confondus (…). Une hausse déjà confirmée en 2019 et en 2018 », souligne Me Valéry Flandin, notaire à Prades-Le-Lez (34). Ainsi, les ventes de maisons et d’appartements anciens ont grimpé respectivement de 2,8 % et de 4,9 % sur cette période. Pour les appartements neufs, la hausse est de 11 % pour un prix médian de 4 250 €/m2 dans l’Hérault. Elle atteint 4 590 €/m2 à Montpellier et 3 780 €/m2 sur le littoral. Ailleurs en ex-LR, le coût d’un appartement ancien à Nîmes est de 1 670 €/m2 (+2,6%), de 1 500 €/m2 à Mende (+11,7%), de 1 180 €/m2 à Perpignan (+6,3%) et de 880 €/m2 à Carcassonne (+4,9%).
Conséquence directe du confinement, les biens les plus prisés sont des logements grands, avec un extérieur. « La demande aujourd’hui, c’est un jardin, plus d’espaces, avec services, commerces et gare à proximité », note Arthur Bories. Une aubaine pour Béziers ? « Le stock de lots disponibles a été écoulé dans le centre-ville, où le prix médian est passé en un an d’environ 900 € à 950 € », avertit Me Diane-Sophie Le Bec Rousse, notaire à Béziers.

Stéphanie Roy, Véronique Coll et Cyril Peter
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