la lettre M

Hérault
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Numérique
| 29/11/2018

FreeWheel va licencier ses 33 salariés à Montpellier

La société américaine FreeWheel (monétisation vidéo) s'apprête à licencier ses 33 salariés montpelliérains, pour la plupart des profils d'ingénieurs en développement informatique, employés au sein de sa structure R&D, et à délocaliser l'activité en Chine, apprend-on le 29 novembre auprès des salariés. Cette filiale du groupe américain Comcast a racheté la start-up StickyADStv en 2016. Cette dernière, spécialisée dans le domaine de la publicité vidéo en temps réel sur une place de marché a, très vite après sa création en 2009 à Paris, installé sa R&D à Montpellier. Elle s'est ensuite développée à l'international grâce à deux levées de fonds, avant d'être rachetée par FreeWheel, acteur du même secteur d'activités. L'un des atouts de la start-up : une fonctionnalité de sa plateforme permettant de gérer les enchères d'emplacement publicitaire en ligne de manière automatique. Dans un communiqué, un collectif de salariés dénonce ce qu'ils considèrent comme « l’accaparement d’une technologie, d’un savoir-faire, d’un portefeuille clients par une multinationale au détriment des employés français ». La R&D de FreeWheel va être regroupée à Pékin, d'après des documents que nous avons pu consulter. Au cours du printemps 2018, les salariés montpelliérains ont accueilli dans leurs locaux de la place Ernest Granier à Port-Marianne une dizaine de salariés chinois de FreeWheel, présentés comme des renforts, suite à un gel des embauches. Pour les salariés, c'était plutôt « une manière de les former à prendre leur suite ». Le plan de sauvegarde de l'emploi devrait être déposé auprès de la Direccte mi-décembre. Le site de Montpellier doit fermer début 2019.

Céline Dupin

« Nous travaillons en étroite concertation avec nos représentants du personnel afin de trouver les solutions permettant de sauver le maximum d’emplois et à encourager le reclassement des salariés impactés »indique la direction de Freewheel France, suite à nos sollicitations. Les salariés expliquent pourtant obtenir peu ou pas de réponses aux demandes formulées : « La direction propose les indemnités minimales, il n'y a pas vraiment d'offres de reclassement, indiquent-ils de manière collective et anonyme. Nous avons entamé les négociations, mais rien n'avance, ils ne nous répondent sur aucun point. On souhaite alerter de manière globale sur l'histoire d'une start-up rachetée, dont la direction avait dit que son activité allait continuer sur Montpellier. » Le rêve américain n'aura duré que deux ans. D'après nos informations, la direction justifie ce PSE de quatre manières : la concurrence accrue, un problème de fraude générale qui touche le monde de la technologie, la mauvaise coopération entre les équipes chinoises et françaises et un changement de stratégie. 

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