Fragilisée par l'aéronautique en souffrance, Captels double ses investissements en R&D
Veiller au respect du poids minimum d’une voiture de Formule 1, déterminer le centre de gravité d’un Airbus, verbaliser des conducteurs de camions surchargés… Le matériel sur-mesure de la PME héraultaise Captels (30 salariés, siège : Saint-Mathieu-de-Tréviers) est capable de peser des véhicules à l'arrêt ou roulant à moins de 10 km/h. Ses clients sont des États et des entreprises, de la multinationale Valeo au viticulteur régional. « Dans l’automobile, les projets sont reportés à 2021. Dans l’aéronautique, ils sont annulés. S’ils sont remis sur la table, ce sera à partir de 2023. L'aéronautique représente 20 % de notre activité, cela nous ouvre des droits. Nous allons déposer, d'ici quinze jours, un dossier pour entrer dans le plan de relance de ce secteur », explique à La Lettre M Étienne Léa, président et par ailleurs ambassadeur régional French Fab.
En sous-régime
« La Covid m’a fait perdre entre six et neuf mois », regrette le dirigeant de 46 ans, faisant référence à ces rendez-vous physiques avec démonstration pour « évangéliser » ses partenaires. Si tous les investissements industriels ont été gelés, Captels prépare déjà le rebond. « À partir de la fin d’année, annonce-t-il, nous allons multiplier par deux voire trois nos investissements en R&D. » Une stratégie à long terme récemment validée par le conseil d'administration, composé d'experts externes en finance ou industrie et quelques cadres. Peu endettée avant la crise, l'entreprise a placé des salariés au chômage partiel jusqu'en mai et n'a pas encore touché à son PGE. Elle s'attend cette année à une baisse de 30 % de son CA (3 M€ en 2019). « Nous sommes toujours en sous-régime depuis le déconfinement. Le redémarrage de l’industrie dépend des investissements des grands groupes. Il faut avoir foi en l’avenir », insiste Étienne Léa.
