la lettre M

Haute-Garonne
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Tourisme - Loisirs
| 14/09/2021

Événementiel : les dossiers de la rentrée

  • Entrée en vigueur du pass sanitaire

Depuis le 9 août, il est obligatoire pour les visiteurs ou participants à des foires, salons, congrès et autres séminaires professionnels de plus de 50 personnes (lorsqu’ils ont lieu dans un site extérieur à l’entreprise), car le brassage du public y est considéré comme plus à risque sur le plan sanitaire. Et, depuis le 30 août, il est également exigé pour le personnel qui intervient dans ces lieux - salariés, bénévoles, prestataires, intérimaires, sous-traitants de plus de 18 ans - sauf lorsque leur activité se déroule dans des espaces non accessibles au public (bureaux par exemple) ou en en dehors des horaires d’ouverture au public. « Le pass sanitaire est entré dans les mœurs », estime Patrice Vassal, directeur général de Toulouse Événements (groupe GL events), exploitant de trois sites en région toulousaine, dont le Meett, nouveau parc des expositions et centre de conventions de Toulouse Métropole. « Les professionnels sont très organisés et l’entrée des convives est bien réglée », confirme Corinne Vignon, députée LREM de la 3e circonscription de Haute-Garonne, qui s’est vu confier une mission d’information relative à l’impact et les conséquences de la crise sanitaire sur la filière événementielle. En revanche, « du côté des salariés, c’est différent », selon elle. En particulier dans les métiers de la sécurité ou de la restauration, déjà en forte tension.

  • Pénurie de main d’œuvre

« Le recrutement, c’était déjà difficile avant, et ça l’est encore davantage depuis le début de la crise, témoigne Thomas Fantini, fondateur du groupe toulousain de restauration, traiteur et snacking Esprit Pergo. Son analyse : « Vu le contexte actuel et le manque de visibilité des entreprises, des salariés ont fait le choix de changer d’activité. Les extras, par exemple, ont recherché des postes plus fixes. » « Certains ont pris un autre rythme et n’ont pas envie de se remettre dans le stress », abonde Corinne Vignon, qui juge que « la profession va devoir se réinventer, peut-être en réorganisant le fonctionnement des journées, même si tout cela a bien entendu un coût. Il importe de revoir l’attractivité de ces métiers, y compris d’un point de vue salarial. »

  • Reprise à plusieurs vitesses

Mais chez bon nombre d’entreprises du secteur de l’événementiel, à l’arrêt pendant plus d’un an, la priorité est plutôt de remplir le carnet de commandes. Car la reprise est très variable dans une filière qui englobe énormément de métiers. « Nous vivotons depuis un an, soupire Thomas Fantini. Franchement, aujourd’hui, on ne sait pas où on va, même s’il y a pas mal de demandes pour des événements allant de 50 à 1 000 personnes. Mais nous enregistrons aussi des annulations de gros événements prévus pour la fin de l’année. Certains clients préfèrent encore décaler d’un an. »

Du côté des organisateurs d’événements, l’activité rédémarre plus ou moins vite et plus ou moins fort selon la typologie des sites. « On travaille beaucoup depuis juillet et la fin d’année s’annonce bien, relate Jean-François Renac, directeur général de la société Miharu, gestionnaire d’espaces événementiels (le Manoir du Prince, le Mas des Canelles, le Village Espaces Événementiels, etc.). Mais on devrait quand même finir l’année à – 50 (contre – 80 % l’an dernier, NDLR) puisque nous n’avons pas eu d’activité entre janvier et juin. » Au Meett, on gère un planning « très intense sur le second semestre, qui débute par l’organisation (du 4 au 13 septembre, NDLR) de la Foire de Toulouse, que nous attendions depuis 18 mois », souligne Patrice Vassal. Malgré une baisse prévisible de la fréquentation (600 exposants, 90 000 visiteurs en 2019), « il était important que cette foire ait lieu pour amorcer l’édition 2022, qui reprendra son calendrier habituel (en avril, NDLR) », estime le DG de Toulouse Événements. S’il note une bonne dynamique des événements régionaux et nationaux – « Près de 6 000 visiteurs professionnels sont attendus au Meett du 28 au 30 septembre à l’occasion des Rencontres nationales du transport public » -, Patrice Vassal ne s’attend toutefois pas à voir revenir les grands événements internationaux avant 2023 et table sur une baisse d’activité de l’ordre de 60 % cette année (- 80 % en 2020).

  • Nouvelles règles pour les aides

« Un grand congrès, un salon professionnel, cela se prépare au moins un an à l’avance, insiste la députée Corinne Vignon. Donc l’événementiel ne repartira vraiment qu’en 2022. D’ici là, il faut maintenir des aides, même si c’est de façon dégressive. Le gouvernement en est pleinement conscient. » Bruno Le Maire vient d’ailleurs d’annoncer que le fond de solidarité serait conservé jusqu'au 30 septembre puis remplacé par un dispositif de prise en charge des coûts fixes, sans conditions de chiffre d'affaires, pour les secteurs les plus en difficultés : professionnels de la montagne, agents de voyages, tour-opérateurs et acteurs de l'événementiel. « Le sur-mesure vient remplacer les aides générales, forfaitaires. L’État nous a écoutés et entendus », apprécie Jean-François Renac, également porte-parole du collectif SOS Events 31, qui fédère 200 professionnels de la métropole toulousaine.

  • Digitalisation des événements

Forcé de se réinventer depuis le début de la crise sanitaire, le secteur a fortement misé sur le digital. Tout numérique, 100 % présentiel ou hybride : à quoi ressemblera l’événementiel post-Covid ? « Cette période nous a sans conteste permis de monter en compétences sur le digital, analyse Patrice Vassal. Aujourd’hui, c’est un complément que nous continuons de proposer mais la demande actuelle va plutôt vers du 100 % présentiel. » Même son de cloche chez Jean-François Renac : « Je ne vois pas l’événement tout digital ou hybride se généraliser, d’autant que sa rentabilité est complexe. Mais il est certain que l’offre va devoir évoluer pour tenir compte des nouvelles préoccupations des clients, qu’elles soient économiques ou environnementales. »

Aline Gandy et Alexandre Léoty / redaction.toulouse@lalettrem.net
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