Établissement de santé cherche personnel soignant
Tous les signes sont là. La deuxième vague de la crise sanitaire arrive. Prévenir la pénurie de personnel au sein des établissements de santé est une priorité absolue. « Il y a quelques jours (le 13 octobre, NDLR) nous étions à 94 patients pris en charge pour la Covid-19, dont 27 en soins critiques », indique Judith Le Page, directrice des ressources humaines et de la formation au CHU de Montpellier (11 000 salariés, 8 établissements). « Quand vous avez des services de réanimation occupés en moyenne à 83 % et un flux de patients atteints de la Covid-19 qui va représenter 30 % d’occupation supplémentaire, comment équilibrer cela en matière de personnel ? », souligne Pascal Delubac, président de la Fédération hospitalière privée, Occitanie.
Recrutements
Pour trouver cette ressource humaine précieuse, les établissements ont recours à plusieurs options. À commencer par les recrutements, mais les viviers sont toutefois en train de se tarir. « Depuis cet été, nous avons embauché 155 personnes en externe », explique Judith Le Page. « Au niveau de l'intérim, il y a des difficultés de recrutement grandissantes sur tous les métiers du médical, en particulier les aides-soignants, les infirmiers mais aussi les médecins », note Matthieu Ourliac, vice-président du syndicat Prism'emploi Occitanie. Une situation qui existait déjà avant la crise sanitaire, mais que celle-ci a aggravé, précise Maud Zaoui, responsable métier et ressources humaines d'Adecco Medical. Pour cette dernière, la demande des établissements de santé en “renfort“ s’est surtout accrue depuis mi-juillet et ne baisse pas depuis. « Sur l’agence de Montpellier, il y a 328 demandes de personnels soignants et 380 demandes pour celle de Toulouse. »
Validation des acquis
Face à ce constat, les acteurs de la santé mettent en place d’autres solutions. « Les infirmiers ayant l’expérience du bloc peuvent être accompagnés dans une validation des acquis de l’expérience », cite Judith Le Page. La direction du CHU échange aussi avec l’Agence régionale de santé Occitanie afin de définir dans quelle mesure il serait possible de solliciter des étudiants infirmiers en modifiant leur parcours de formation. « Nous visons les profils en formation continue, déjà titulaires d’un diplôme. » Les échanges entre établissements, privés et publics, sont également une alternative. « Nous sommes en train de recenser les moyens disponibles par le biais des cellules de crise. Il y a des évaluations hebdomadaires par territoire et hémi-régionales (ex L-R et ex M-P, NDLR) », détaille Pascal Delubac.
