Érosion du littoral : la mer emporte des millions d'euros à Vias
La question de l’érosion du littoral passée au crible de la chambre régionale des comptes Occitanie. L'institution financière rend un avis plus que mitigé sur la gestion (sur les exercices 2014 et suivants) par la communauté d'agglomération Hérault Méditerranée (CAHM, 79 636 habitants) et la commune héraultaise de Vias (maire : Jordan Dartier, 5 719 habitants), du trait de côte et de la recomposition du littoral sur la côte ouest de Vias. Cette zone de 350 hectares, qui voit sa population passer de 400 personnes à l’année à 30 000 en été, représente un enjeu économique de taille pour le territoire.
Près de 7 M€ injectés
Deux types de mesures de protection ont été mis en place pour lutter contre le phénomène d'érosion. D’un côté, des actions de protection du littoral (reconstitution de dune, apport de sable…), qui ont nécessité un investissement de 5,85 M€ de la part de la CAHM entre 2014 et 2019, et de l’autre, des opérations de recomposition spatiale afin d’opérer un recul stratégique des activités. Plus de 1 M€ réparti entre la CAHM et la commune, avec des cofinancements de l’État et de la Région, a ainsi été investi. « La nature reprend vite ses droits, constate la présidente de la CRC Occitanie. Entre novembre 2015 et octobre 2018, 60 % des travaux effectués sur la reconstitution du cordon dunaire – pour un montant de 3 M€ – étaient déjà balayés par les effets de la mer. »
Recul du trait de côte
Les installations de première ligne de particuliers mais aussi de professionnels du tourisme (treize campings, cinquante emplois permanents et 196 saisonniers) sont chaque année un peu plus menacées. Au-delà de la diminution des protections naturelles comme les plages et le cordon dunaire, le trait de côte recule de 0,9 à 3,5 mètres par an ces dix dernières années contre un à deux mètres entre 1965 et 2001. Pour la présidente de la CRC Occitanie, Marie-Aimée Gaspari, faute d’un projet d’aménagement de la zone et d’un plan d’action commun, « les mesures (actuelles) de protection et d’administration du trait de côte ne sont pas satisfaisantes. »
Une population réticente
Parallèlement, la CRC Occitanie relève « une forte résistance de la population » face à « un risque qui ne paraît pas menaçant à court terme et dont la réalisation est difficile à prévoir dans le temps ». Dès lors, cet état d’esprit ralentit, voire limite, les acquisitions foncières en vue de faire reculer l’activité économique ou la présence de particuliers, le tout soumis à un cadre juridique qui s’est durci. « Un manque de stratégie d’ensemble dans les acquisitions de parcelles » est également constaté par la chambre financière, ainsi que « l’absence de référentiel de négociation pour les achats de terrains ».
Absence de permis de construire
Pour finir, la CRC va jusqu’à relever la construction en 2018 et 2019 par la commune de Vias elle-même d’un promenoir au bout de l’avenue de la Méditerranée – pour un coût de 3,1 M€ – « alors que le zonage du PLU sur lequel il se situe avait été annulé puis suspendu par la justice administrative » et… sans permis de construire. Des actions en justice sont en cours.
