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Région Occitanie
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Finances
| 25/09/2020

Épargne citoyenne, public-privé… : des pistes pour maintenir le financement de l’innovation

« Même dans les moments les plus durs du confinement, nous avons vu des personnes qui voulaient entreprendre dans l’innovation et il y a eu des opportunités de business », déclare Stéphane Marcel, président du fonds d’amorçage Créalia Occitanie, en introduction d’une table ronde sur le thème du financement des start-up en temps de crise. D’une manière générale, les chiffres du premier semestre le confirment et attestent d’un rythme plutôt soutenu des investissements en Occitanie avec « 130 M€ levés contre 75 en 2019, signale-t-il. Il y a peut-être moins de dossiers mais les levées sont plus importantes. »

Vers un déficit de start-up attractives pour les grands groupes ?
Pour autant, en matière de financement des start-up, la période n’est pas à l’euphorie, et « il faut travailler sur la confiance des investisseurs, ajoute le président de Créalia. Sur le financement non dilutif par exemple, de nouveaux dispositifs peuvent être trouvés. Cela peut être de retravailler par exemple le cofinancement public-privé, pour sécuriser les privés dans leurs prises de participation. » Autre piste, selon Stéphane Marcel, l’épargne citoyenne : « 100 Md€ dorment, mis de côté pendant le confinement. Un mixte d’investissements citoyen-public-privé peut être un nouveau modèle qui ferait en sorte que la chaîne de financement ne casse pas. C’est essentiel, au risque sinon de faire tomber celle à l’aval de la valorisation des start-up » et « prendre le risque d’avoir un déficit de start-up attractives susceptibles d’intéresser des grands groupes dans dix ans. »

Le PGE, porte de secours ou épée de Damoclès ?
Invité à témoigner, Olivier Reynaud, fondateur et dirigeant de Aive (plateforme vidéo assistée par intelligence artificielle créative) et cofondateur de Teads, estime aussi que « l’équilibre entre les fonds propres et la dette est crucial. Oui, il faut prendre un PGE avec un plan de financement de la dette. Cela peut être un porte de secours mais aussi une épée de Damoclès. » Mais à toute crise ses opportunités, rappelle le serial entrepreneur : pivoter, être à l’écoute des marques, affiner son modèle économique... S’il constate que les investissements sont repartis au bout de quatre-cinq mois après le début du confinement, il admet « qu’en termes de valorisation, c’est compliqué. Le suivi de la trésorerie est très important. Les banques regardent les business plan à la ligne près. »

Dévalorisée par sa dette, la start-up en mal de financement pour ses investissements futurs ?
Véronique Alibert, chargée d’affaires PME et innovation et animatrice de la filière NéoBusiness au sein de la Caisse d’Épargne à Montpellier, rappelle quant à elle que si elle « n’a pas de problème de faillite à ce jour dans mon portefeuille (une cinquantaine de clients, NDLR) », l’économie des start-up est, comme les autres, sous perfusion. « Le PGE représente un an de trésorerie gratuite mais après il va falloir rembourser, sur cinq ans maximum. Nous allons parler à nos clients avant la fin de l’année et voir ce que l’on va faire. » Selon elle le banquier de demain aura une vigilance accrue sur la vision du cash, sur celle des fonds propres de l’entreprise « qui à ce jour n’est pas trop regardée par les fonds d’investissement. La dette risque de dévalorisée l’entreprise. Cela va être compliqué de remettre des financements derrière. »

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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