Deux ports de la région à l’honneur
Né en 1969 du plan pharaonique d'aménagement du littoral languedocien intitulé Mission Racine, Port-Camargue (8 M€ de CA, 46 salariés, Grau-du-Roi - 30) souffle cette année ses cinquante bougies. Après un demi-siècle d’existence, il est le premier port de plaisance d’Europe et le deuxième au monde derrière celui de San Diego (États-Unis). Sa fiche d'identité : 5 000 bateaux amarrés, 200 places réservées à l'escale, 172 ha d'étendue et 10 km de pontons et de quais. En dépit de la liste d'attente - près de 500 personnes y sont inscrites, dont certaines depuis plus de 15 ans -, il n'est pas prévu d'y ajouter des anneaux supplémentaires. Toutefois, les projets ne manquent pas. Les travaux de construction d'un bâtiment de 1 200 m2, destiné à abriter l'accélérateur d'entreprises, devraient démarrer début 2020 (3 M€). Un programme de requalification des sanitaires du port, en vue de les transformer en salles de bain individuelles (« Les cabines du port »), a débuté en 2018 et devrait se poursuivre jusqu'en 2022. Montant global du programme : 4 M€. Un projet smart grid, visant à réduire et contrôler les consommations énergétiques des plaisanciers grâce à une borne intelligente et des capteurs embarqués, devrait également être déployé d'ici à la fin de l'année.
Les croisiéristes de Sète
À quelques kilomètres de là, 64 exactement, dans l’Hérault, un autre anniversaire se fête : celui des 20 ans du club des croisières du port de Sète. Chargé de la promotion du port, de la coordination des croisiéristes et des escales des paquebots, le club annonce pour l’occasion près de 120 000 passagers et 78 escales à Sète attendus en 2019. À titre de comparaison, le port de Marseille accueille 1,9 M de passagers. Une nouvelle progression de la fréquentation des croisiéristes est encore attendue en 2020 avec 150 000 passagers et 83 escales. Pour mémoire, en 2017, le port de Sète n’enregistrait que 47 000 passagers. « Le môle Masselin en 2015, puis le quai H en 2016 ont permis d’accueillir des bateaux de plus en plus gros, explique Guillaume Hamel, responsable de la communication du port de Sète, en charge du pôle passagers. Notre ambition est d’atteindre les 200 000 passagers », sans pour autant dépasser ce chiffre afin de ne pas asphyxier le port et la ville en croisiéristes. Un nouveau terminal passagers est d’ailleurs attendu pour 2022 (40 M€ d’investissement de la Région, propriétaire du port de Sète) pour la clientèle ferries et paquebots.
Retombées
Le panier moyen d’un croisiériste à Sète est de 46 €. Celui d’un membre d’équipage, qui n’est pas à négliger, de 32 €. En 2017, les retombées économiques totales (directes et indirectes) étaient estimées à 5,7 M€. « Depuis, le nombre de passagers a plus que doublé, signale Guillaume Hamel, ce qui signifie que nous dépassons maintenant les 10 M€ de retombées. » En ce qui concerne leurs activités, une fois le paquebot à quai, « contrairement aux idées reçues, 70 à 80 % d’entre eux restent en ville, note Guillaume Hamel. Seuls 20 à 30 % des passagers sont des excursionnistes. Nous disposons de cinq sites classés Unesco à moins de deux heures de Sète, c’est un atout », résume le responsable de la communication. Le trio de tête des destinations en région : Carcassonne, Sète et le bassin de Thau.
