Deux entreprises de l’aéronautique et du spatial parient sur Montpellier
Deux entreprises de l’aéronautique et du spatial parient sur une implantation à Montpellier. Accompagnées par l’agence de développement économique Ad’Occ, ces structures sont toutes deux incubées au Montpellier International Business Incubator (Mibi). La société Nimesis Technology (890 k€ de CA, 23 salariés) y a installé à la rentrée un bureau et un ingénieur technico-commercial. Créée en 2008, l’entreprise dispose d’un outil de production à Mécleuves (57). La société conçoit des actionneurs basés d’alliage à mémoire de forme. Ce composant intégré est notamment utilisé pour le déploiement de panneaux solaires. L’entreprise participe à des opérations spatiales, dont la mission MMX (Martian Moons eXploration) visant l’exploration de la lune martienne. Elle collabore notamment avec le Cnes et les agences spatiales allemande et japonaise sur le projet.
Implantation stratégique
L’aéronautique et le spatial représentent 70 % de son activité. La société a engrangé de nouveaux contrats en région et se développe à l’export. Elle compte aussi parmi ses clients l’Esa (Agence spatiale européenne), le CSU de Montpellier (Centre spatial universitaire), Mecano ID, Thales Alenia Space, Airbus Defence and Space. Son implantation à Montpellier est stratégique. Le bureau montpelliérain doit faciliter les réunions techniques et partenariales. « Nous souhaitions nous rapprocher d’un bassin spatial pour nous trouver à proximité de nos clients et de nos partenaires clefs », explique le PDG Alain Hautcoeur. Pour l’heure, l’entreprise n’envisage néanmoins pas d’implanter une unité de production supplémentaire dans l’Hérault. Elle ambitionne de doubler son chiffre d'affaires en 2022 pour le porter à 1,8 M€.
Aide à la décision
La deuxième entreprise néo-montpelliéraine, Garnasys-Aero, est d'origine australienne. Créée en 2020, la start-up (60 k€ de CA, deux salariés) s’est aussi installée au Mibi. Elle développe une plateforme logicielle qui automatise l’accès aux données de maintenance aéronautique. L’outil recueille, traite et gère les données au travers d’un boîtier installé sur le terrain. Celui-ci communique avec les réseaux de communication existants (VHF, satellite ADS-B, wifi) via une Api (interface de programmation d’application, NDLR). La plateforme se pilote avec un portable, une tablette ou un ordinateur. L’innovation se destine aux décisionnaires, comme le précise à La Lettre M Robyn Winslow, directrice générale de la société : « Notre solution rationalise la collecte de data. Il s’agit d’un outil d’aide à la prise de décision stratégique qui permet d’opérer de la maintenance prédictive. »
Diversification industrielle
L’entreprise, qui a réalisé une preuve de concept pour l’école aéronautique de Shanghaï, cible les petits opérateurs aéronautiques de la région Occitanie. Elle envisage de se diversifier sur le secteur industriel, atteste la dirigeante « L’accès à ce type de solutions demeure complexe pour certains opérateurs. Ils ne bénéficient pas de la manne financière des grands comptes pour acquérir des solutions industrialisables. » Outre les PMI, la société prospecte les aéroports régionaux, les écoles de pilotes et les clubs aéronautiques locaux. Elle ambitionne de porter son effectif à cinq salariés d’ici trois ans.
